P-au-P, 15 oct. 2025 [AlterPresse] — Le Collège national des ingénieurs et architectes d’Haïti (Cniah) tire la sonnette d’alarme face à la dégradation rapide du pays sous le poids du chaos, des actes de violences et de l’inaction institutionnelle, mettant en péril le secteur de la construction.
Lors de l’émission FwoteLide sur AlterRadio, Alex Lorquet, président du Comité de direction du Cniah, et Laurensaint Marc Sony, secrétaire général, ont analysé l’impact de la crise sur la branche de la construction et souligné les enjeux et défis de la reconstruction du pays.
L’architecture et l’ingénierie, piliers du développement durable et de la planification, ne peuvent pas s’épanouir dans un environnement, où les institutions techniques sont paralysées ou vidées de leur substance, et où les infrastructures publiques se dégradent dans l’indifférence.
Les professionnelles et professionnels dans la branche de la construction se retrouvent dépourvu.e.s de moyens et de cadre d’interventions, tandis que les actes de violences, la pauvreté et l’instabilité politique ravagent le tissu urbain et social du pays.
Selon le Cniah, la nation s’effondre dans un contexte marqué par le vide d’activités productives, le désengagement des institutions et la désintégration progressive de l’État et du tissu socio-économique.
Face à la situation dans divers quartiers, le Cniah appelle l’État à construire des bâtiments publics modernes et sécurisés, pour héberger les familles déplacées par les violences des gangs, au lieu de laisser se multiplier des abris précaires. Une telle initiative constituerait également une première étape vers la reconstruction des quartiers dévastés.
Le Cniah considère cette alerte comme un cri de lucidité et de responsabilité collective, réaffirmant son engagement à participer activement à toutes initiatives sérieuses visant à reconstruire les institutions, revaloriser les métiers techniques et restaurer la confiance dans la gouvernance nationale.
« Il n’y aura pas de relèvement possible sans une ingénierie forte, une architecture responsable et une planification réfléchie du territoire », insiste le Cniah.
Il invite ses membres, ses partenaires et l’ensemble de la société civile à réfléchir sur le rôle de la connaissance, de la compétence et de la conscience professionnelle dans la reconstruction d’Haïti.
En signe de protestation face à la situation nationale, le Collège national des ingénieurs et architectes d’Haïti n’a pas organisé la Journée mondiale de l’architecture, le 6 octobre 2025.
Le Cniah informe le public, les institutions partenaires et la communauté professionnelle combien cette décision est un acte de conscience nationale, et non un abandon des idéaux.
« Sans vision, sans stabilité, sans respect du savoir et du travail, aucune architecture — ni sociale ni physique — ne peut tenir », conclut le Cniah. [apr 15/10/2025 07:00]
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