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Haïti-Crise : L’organisation Tèt kole ti peyizan appelle à un front commun

Par Charilien Jeanvil

P-au-P, 07 janv. 2025 [AlterPresse] --- L’organisation sociopolitique Tèt kole ti peyizan invite les structures organisées et les forces vives de la société à s’unir pour sortir Haïti de la situation chaotique, dans laquelle elle se trouve.

Le peuple haïtien encore debout doit faire preuve de solidarité et s’organiser pour se défendre face à la fureur des bandits terroristes, encourage Pierre Mary Louis, un des dirigeants de Tèt kole ti peyizan, qui intervenait à l’émission FwoteLide diffusée sur AlterRadio et suivie par AlterPresse.

Le mouvement paysan haïtien, se dressant en défenseur des plus vulnérables, appelle à la mobilisation dans tout le pays, jusqu’à ce que le peuple retrouve sa souveraineté et échappe aux griffes du système capitaliste et impérialiste, qui opprime la population.

Il interpelle, en ce sens, les organisations paysannes, les organisations politiques progressistes, les organisations populaires, les militantes et militants, les syndicats, les travailleuses et travailleurs, les professionnelles et professionnels, les femmes, les jeunes, les étudiantes et étudiants, les patriotes à l’intérieur et à l’extérieur du pays, à unir leurs forces pour construire une masse critique, afin de sortir Haïti de l’abîme.

Nécessité d’une masse critique

Il faut une masse critique pour sortir Haïti de l’impasse actuelle, recommande Pierre Mary Louis, qui plaide pour un remaniement au plus haut sommet de l’État.

En poste depuis le jeudi 25 avril 2024, le Conseil présidentiel de transition (Cpt), composé de 9 membres, a échoué et doit être modifié, estime-t-il.

L’organisation Tèt kole ti peyizan suggère de réduire les membres du Cpt, en faisant une ouverture vers des personnalités intègres, qualifiées, qui ne proviennent d’aucune structure politique de la place.

Une proposition, partagée initialement par les tenantes et tenants de l’accord de Montana.

Il faut mettre de côté les 3 membres du Cpt, inculpés dans le scandale de pots-de-vin de la Banque nationale de crédit (Bnc), recommande l’organisation Tèt kole ti peyizan.

Ce geste, aussi minime soit-il, peut envoyer un signal positif, sous-entendant que le Conseil presidentiel de transition ne voudrait plus nager dans la corruption, avance l’organisation Tèt kole ti peyizan.

Les trois membres du Cpt, Louis Gérald Gilles, Smith Augustin et Emmanuel Vertilaire, indexés dans le dossier de corruption de la Bnc, ont boudé une récente convocation du juge d’instruction Benjamin Félismé.

Absence de volonté étatique pour résoudre le problème de criminalité

Le Cpt et l’ensemble du gouvernement ont clairement montré qu’ils n’ont pas la capacité et la volonté de résoudre le problème de la criminalité, qui sévit sur tout le territoire nationale, relevait Tèt kole ti peyizan, dans une note en date du 30 décembre 2024, transmise à AlterPresse.

L’organisation Tèt kole ti peyizan se dit offusquée par le laxisme, dont font preuve les autorités actuelles dans la lutte contre la criminalité et devant la dégradation des conditions de vie des couches les plus vulnérables.

La nature budgétivore et corruptible du Cpt est jugée préjudiciable pour l’économie du pays.

Tèt kole ti peyizan critique l’attitude des dirigeants, qui ne font que s’enrichir au détriment de la population qui patauge dans une misère sans précédent et sans fin.

Une année 2024 terrifiante

L’année 2024 est l’une des plus terribles dans l’histoire du peuple haïtien, constate Tèt kole ti peyizan, recensant des massacres, des enlèvements, des assassinats, des déportations arbitraires illégales, des vols, des viols, des menaces, des intimidations et incendies criminels dans les maisons des pauvres et des personnes les plus nécessiteuses.

Tous les secteurs de la vie nationale sont passés sous la férule des groupes criminels, lourdement armés.

Les violences des gangs armés ont causé la mort de plus de 5,600 personnes en Haïti, au cours de l’année 2024, selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits humains (Hcdh).

Le mouvement des paysans haïtiens affirme avoir été victime des massacres, récemment perpétrés contre la population de Petite-Rivière de l’Artibonite et au warf Jérémie dans la commune de Cité Soleil, au cours desquels plusieurs de ses membres ont été assassinés.

Il inscrit ces actes terrifiants dans la même lignée que les massacres de Jean Rabel (Nord-Ouest) le 23 juillet 1987 et de Piatre (Artibonite) le 12 mars 1990.

Il accuse des politiciens propriétaires terriens et des bourgeois rétrogrades, qui sont de connivence avec l’État anti-paysan qui dirige le pays, de 1987 à nos jours.

L’objectif viserait à éliminer le peuple haïtien et détruire l’idéal dessalinien, en pillant les ressources du pays.

Les gangs armés, qui terrorisent la population, sont des outils politiques et économiques visant à poursuivre le projet d’anéantissement du pays, dénonce l’organisation Tèt kole ti peyizan.

De janvier 2023 deja decembre 2024, plus de 750,000 personnes ont fui leurs foyers sous les balles des gangs.

Plus de 200,000 enfants ne peuvent point aller à l’école dans la capitale Port-au-Prince, sans compter le nombre d’enfants dans les sections communales sans accès à l’école.

Les routes nationales sont contrôlées par des groupes armés, qui imposent de fortes rançons. En plus, les malfrats violent, tuent, volent, kidnappent de paisibles citoyens. Même les enfants ne sont pas épargnés, déplore Tèt kole ti peyizan.

« Chaque semaine, l’inflation atteint 60%. Le chômage, la pauvreté et la faim frappent tout le pays. Près de 6 millions de personnes meurent de faim. La sécheresse, les épidémies et les inondations ont détruit toutes les plantations paysannes ».

De plus, « l’accaparement des terres arables des paysans se poursuit pour la construction de zones franches et l’exploitation de mines de métaux, alors que la biodiversité du pays a presque disparu. Les ordures et les déchets plastiques envahissent le pays », décrit l’organisation paysanne Tèt kole ti peyizan.

Elle assimile cette série d’actes criminels à la mauvaise gouvernance des politiciens corrompus, à la solde « des pays occidentaux qui veulent effacer Haïti de la planète terre ». [cj emb rc apr 07/01/2025 12:15]

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