P-au-P, 14 juil. 2025 [AlterPresse]--- Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) a adopté, ce lundi 14 juillet 2025, un projet de résolution prorogeant jusqu’au 31 janvier 2026 le mandat du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (Binuh), établi depuis le 16 octobre 2019, selon un communiqué consulté par l’agence en ligne AlterPresse.
Présenté par les États-Unis et le Panama, ce projet de résolution exprime la volonté du Conseil de sécurité d’examiner sans délai les recommandations formulées, le 24 février 2025, par le secrétaire général António Guterres, concernant les différentes options de l’implication de l’Onu pour soutenir la sécurité et la stabilité en Haïti.
Dans cette correspondance adressée au président du Conseil de sécurité, Guterres a exhorté les États membres à doter le Binuh des ressources nécessaires pour renforcer sa capacité à remplir son mandat, en favorisant la stabilité politique et les réformes en matière de gouvernance.
Il a également plaidé pour un soutien accru à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas), afin de renforcer son efficacité dans la lutte contre les gangs, notamment à travers un appui logistique et opérationnel de l’Onu.
Avec l’adoption de la résolution du 14 juillet 2025 prorogeant le mandat du Binuh, le Conseil de sécurité réaffirme son appui à une solution globale, portée et dirigée par les acteurs haïtiens, visant à s’attaquer aux causes profondes des crises multidimensionnelles qui affectent actuellement le pays.
Le mandat du Binuh avait déjà été renouvelé pour un an, jusqu’au 15 juillet 2025, par une résolution adoptée le 12 juillet 2024.
Toutefois, les objectifs fixés par cette dernière – notamment le lancement d’un processus politique haïtien menant à des élections présidentielle et législatives libres, régulières et transparentes – n’ont pas encore été atteints.
L’appel du Conseil de sécurité à la mise en place urgente d’un Conseil électoral provisoire (Cep) et à l’élaboration d’une feuille de route électorale qui soit « pérenne, assortie de délais et communément acceptée » demeure également en partie sans grand effet.
Par ailleurs, les dispositions prises jusqu’à présent n’ont pas permis de restaurer les institutions démocratiques ni d’encourager une participation inclusive de l’ensemble des secteurs de la société haïtienne, en vue d’une résolution durable de la crise.
Entre le 1er janvier et le 30 juin 2025, au moins 3,141 personnes ont été tuées dans un contexte d’escalade des violences des gangs armés, selon un rapport publié le vendredi 11 juillet 2025 à Genève (Suisse), par le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (Binuh) et le Haut-commissariat des Nations unies aux droits humains (Hcdh).
« Le peuple haïtien est à la merci des violences horribles des gangs », a déclaré le chef des droits humains de l’Onu, l’Autrichien Volker Türk, qui décrit une horreur sans fin à laquelle est exposée la population haïtienne.
Le rapport a également alerté sur l’expansion du contrôle territorial des gangs, qui représente un risque majeur de propagation des violences et d’augmentation du trafic transnational d’armes et d’êtres humains. [emb gp apr 14/07/2025 12:25]
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