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Haïti-Criminalité : Réunion cruciale de haut niveau sur la sécurité, en l’absence du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé

P-au-P, 20 mars 2025 [AlterPresse] --- Comme initié depuis le samedi 1er mars 2025 contre les bases des gangs armés à Port-au-Prince, l’usage de nouvelles technologies, comme les drones, serait l’une des stratégies envisagées pour renforces les capacités d’intervention des forces de l’ordre en Haïti.

C’est ce qui ressort d’une réunion sur la situation sécuritaire, tenue, le jeudi 20 mars 2025, en l’absence du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, entre le Conseil présidentiel de transition (Cpt), la Police nationale d’Haïti (Pnh), les Forces armées d’Haïti (Fad’h) et la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas), indique une note officielle du Cpt, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

« La lutte contre l’insécurité se poursuit sans relâche », déclare le Cpt, qui réaffirme ses engagements en faveur du rétablissement de la sécurité et de la stabilité sur le territoire national.

Or, environ 11 mois après l’installation officielle, le jeudi 25 avril 2024, des 9 membres du Cpt, la population reste désenchantée.

Elle continue, par milliers de personnes déplacées, à subir les assauts de terreur des gangs armés, qui assassinent et kidnappent davantage de personnes, vandalisent et incendient écoles, universités, bibliothéques, centres de santé, hôpitaux, entreprises, véhicules, médias, domiciles, divers biens et autres.

Les résultats, sans cesse promis, ne sont nullement atteints.

Au contraire, les gangs armés ont conquis beaucoup plus d’espaces et de territoires, forçant plus d’un million des personnes, à la fin de l’année 2024, à abandonner leurs maisons, sous la fureur de ces gangs terroristes, pour aller se réfugier dans des camps de personnes déplacées ou chez des proches.

Plus de 90% de la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince (Carrefour Feuilles, Solino, une partie de Kenscoff, etc.), est sous contrôle des gangs, qui contionuent d’imposer le paiement de droits de passages sur diverses routes et artéres.

Les membres de gangs, dont plusieurs ont été tués ces derniers mois, poursuivent en toute impunité leurs forfaits sur le territoire national, particuliérement à Port-au-Prince et dans le département de l’Artibonite.

Le Cpt tente de rassurer

Rétablir la sécurité exige patience, méthode et coordination entre les actrices et acteurs, ainsi qu’une mobilisation active de la population, dixit encore le Cpt 11 mois après avoir pris le maillet politique en Haïti.

Le Conseil présidentiel de transition met en garde contre ce qu’ il qualifie de « manipulations et désinformations visant à détourner les revendications légitimes du peuple pour des agendas politiques ».

Le Cpt demande aux « citoyennes et citoyens de rester vigilant-e-s et d’éviter tous risques d’infiltration de mouvements par des individus aux intentions malveillantes ».

Il promet, de nouveau, de redoubler d’efforts pour permettre à chaque famille de retrouver sa dignité et de vivre sans crainte sur tout le territoire national.

Des orientations claires auraient été convenues, pour renforcer la sécurité dans le pays, à la réunion sur la situation sécuritaire, tenue, le jeudi 20 mars 2025, en l’absence du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, président du Conseil supérieur de la police nationale (Cspn).

Déroulée à la Direction générale de la Police nationale d’Haïti (Pnh) à Clercine, commune de Tabarre, cette a rassemblé des figures clés, notamment le coordonnateur des actions au Conseil présidentiel de transition (Cpt), Fritz Alphonse Jean, le directeur général ad intérim de la Pnh, Eameau Normil, le lieutenant-général ad intérim des Forces armées d’Haïti (Fad’h), Derby Guerrier, et le commandant de la Mmas, le Kenyan Godfrey Otungé.

L’absence remarquée du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé suscite de nombreuses interrogations. Quelles implications possibles ?

Pourquoi le chef du gouvernement a-t-il choisi de ne pas participer à une réunion si cruciale pour l’avenir sécuritaire d’Haïti ? Cette absence pourrait-elle être liée à des tensions sous-jacentes entre Alix Didier Fils-Aimé et d’autres responsables des forces de sécurité, comme l’ont laissé entendre à AlterPresse des acteurs de la société civile au courant de la situation ?

Serait-ce un geste politique, une manière de marquer une position ou de protester contre certaines décisions ou orientations stratégiques ?.

Existerait-il de possibles désaccords institutionnels entre le gouvernement et les forces de sécurité ?



Dans un contexte aussi fragile et instable que celui d’Haïti, l’absence du premier ministre risquerait d’avoir des répercussions importantes.

Elle pourrait être perçue comme un manque de leadership face à la crise sécuritaire, affaiblissant ainsi la confiance des citoyennes et citoyens, ainsi que des partenaires internationaux envers le gouvernement.

D’un point de vue opérationnel, ce désengagement apparent pourrait nuire à la coordination des efforts sécuritaires et compromettre l’efficacité des stratégies, mises en place pour endiguer les violences des gangs terroristes armés.

Il est crucial que le premier ministre apporte rapidement des explications pour éviter de laisser place à des spéculations et d’aggraver les tensions au sein des institutions de l’État. [emb rc apr 20/03/2025 18:30]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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