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Haïti-Criminalité/Politique : Une Leçon d’histoire et d’actualité

Par Michel Legros*

Soumis à AlterPresse le 9 décembre 2024

L’histoire regorge d’exemples de chefs qui, dans les moments de crise, ont défendu leur peuple et d’autres qui ont préféré la jouissance au devoir. Cette différence entre leadership visionnaire et irresponsabilité se reflète dans la stratégie de Toussaint Louverture face à l’invasion napoléonienne et l’attitude actuelle du Conseil présidentiel de transition (Cpt) en Haïti.

En 1802, Toussaint Louverture ordonna aux généraux Dessalines, Maurepas et Christophe de pratiquer la politique de la terre brûlée, débutant par l’incendie de leurs propres maisons. Ce sacrifice stratégique priva l’ennemi de ressources tout en galvanisant la résistance, illustrant un leadership prêt à subordonner le confort au devoir.

À l’opposé, le Cpt fait preuve d’une indifférence irresponsable face à l’offensive de Viv Ansanm. Alors que des quartiers comme Solino, Nazon, Pouplard et Poste Marchand sont ravagés et systématiquement incendiés, que des zones stratégiques comme Delmas 32 et Lalue sont menacées, que Pernier est déjà devenu la base où Vitelhomme prépare l’assaut sur PétionVille, tandis que Mikanò exécutait, de manière inouïe, 184 personnes au Wharf de Jérémie, à Cité Soleil, le Cpt festoie, ignorant la gravité de la situation.

Le renvoi d’Ariel Henry par Viv Ansanm, facilité par les États-Unis, et la nomination des conseillers par la Communauté des Caraïbes (Caricom) n’ont apporté que davantage de chaos. Le limogeage précipité de Garry Conille, nommé pourtant unanimement par ses tombeurs simplement parce qu’il était perçu comme l’homme du « Blan », illustre cette inconséquence : en déstabilisant l’État au sommet à un moment critique, le Cpt a facilité l’avancée des gangs.

Un dirigeant doit anticiper les conséquences de ses actes. Une décision juste mais inappropriée peut être désastreuse, comme le prouvent ces trois dernières semaines de terreur.

Une question de survie nationale

L’exemple de Toussaint Louverture et de ses officiers montre que le leadership exige courage et responsabilité. En revanche, le Cpt, par son inaction face à l’urgence, précipite l’apocalypse.

Alors que nos forces de sécurité sont déjà en difficulté, les policiers kényans disent refuser de partager des données stratégiques par crainte de fuites, accusant leurs homologues haïtiens de collusion avec les gangs. Dans ce contexte, n’est-ce pas seulement une gouvernance inspirée par le devoir et l’histoire qui peut nous éviter le pire ? Haïti a besoin de dirigeants engagés, non de jouisseurs indifférents à ses souffrances.

Faudrait-il souhaiter que leurs propres maisons brûlent pour qu’ils réalisent enfin la détresse de la population et l’urgence de la situation ?

Nous répétons une fois de plus que si rien n’est fait, si ce pseudo-pouvoir ne fait qu’opposer des paroles à Viv Ansanm pour bluffer la population, Port-au-Prince et ses faubourgs tomberont, inéluctablement, dans les semaines qui viennent.

*Analyste politique

Sitwayen pou Respè Konstitisyon
sitwayenpourespekonstitisyon@gmail.com


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