P-au-P, 29 avril 2026 [AlterPresse] --- Après les attaques de gangs armés ayant causé 8 morts à Séguin, dans la commune de Marigot, entre les samedi 11 et mardi 14 avril 2026, les personnes déplacées, prudentes et hésitantes, reviennent progressivement dans leurs quartiers désertés, selon les informations recueillies par l’agence en ligne AlterPresse.
Les policiers nationaux maintiennent fermement leurs positions pour empêcher tout retour des groupes armés.
Sur le terrain, un calme relatif s’installe. La circulation entre Séguin et les zones avoisinantes reprend timidement, facilitant certains déplacements et échanges.
Mais plusieurs services essentiels restent paralysés.
Les écoles demeurent fermées. Le marché local, l’un des plus importants du département, est encore à l’arrêt.
Une reprise complète des activités exigera du temps.
C’est ce tableau contrasté qu’a esquissé, sur la réalité de sa commune, l’agent exécutif intérimaire de Marigot, René Danneau, qui intervenait à l’émission FwoteLide diffusée sur AlterRadio 106.1 f.m., suivie par AlterPresse.
Il lance un appel pressant à l’État central, en particulier au Ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales (Mict), afin de renforcer l’appui aux autorités locales face au lourd fardeau que représente la crise humanitaire à Marigot.
Des démarches urgentes sont en cours pour apporter une assistance aux communautés affectées et éviter une aggravation humanitaire, notamment en raison des risques de pénurie alimentaire dans la commune, tente-t-il de rassurer.
De nombreuses familles avaient dû quitter Séguin pour se disperser dans d’autres sections communales, suite aux assauts meurtriers des gangs, au cours desquels trois policiers nationaux ont également été blessés.
Les églises et les écoles accueillent un grand nombre de personnes déplacées, tandis que d’autres sont hébergées chez des proches, souvent dans de mauvaises conditions.
Par ailleurs, les communes de Marchand Dessalines, Montrouis et Petite Rivière de l’Artibonite (département de l’Artibonite) ont essuyé, entre les 29 et 31 mars 2026, des attaques de membres de gangs lourdement armés, faisant plus de 70 morts, des dizaines de personnes blessées et causant des dégâts considérables, selon un nouveau rapport des Nations unies, en date du 14 avril 2026.
À Kenscoff (département de l’Ouest), entre janvier et mars 2026, au moins 29 personnes ont été également tuées et une autre blessée par des gangs. 88 habitations ont été incendiées.
Au moins une personne a été tuée et neuf autres blessées à Mirebalais et à Saut-d’Eau, dans le département du Plateau central. Les gangs y ont maintenu une présence alors que la majorité de la population reste déplacée de force dans des communes voisines.
Entre décembre 2025 et février 2026, (un nombre de) 1,343 personnes, soupçonnées d’appartenir à des gangs, ont été tuées et 140 armes à feu saisies, lors d’opérations de lutte contre les gangs qui se sont intensifiées en Haïti, dans des bastions de l’agglomération de Port-au-Prince et de ses environs.
Depuis 2023, les violences des gangs armés ont entraîné le déplacement de plus de 1,4 million de personnes.
5,7 millions de personnes sont en proie à une insécurité alimentaire aiguë.
Selon les partenaires humanitaires des Nations unies, 6,4 millions d’Haïtiennes et d’Haïtiens ont besoin d’une aide humanitaire en 2026, soit une augmentation de 6.7 % par rapport à 2025. [mff emb rc apr 29/04/2026 12:35]
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