Correspondance spéciale Ronel Odatte
Maïssade (Plateau central, Haïti), 14 février 2025 [AlterPresse] --- Le gang armé Kokorat san ras menace d’attaquer la commune de Maïssade (Plateau central) en représailles au lynchage, le mercredi 22 janvier 2025, de l’un de ses membres par la population, selon les témoignages recueillis par AlterPresse.
Plus d’une cinquantaine de membres du gang Kokorat san ras ont tenté d’envahir la ville de Maïssade, le lundi 10 février 2025, en passant par la commune de Saint-Michel de l’Attalaye (département de l’Artibonite). Ils ont récidivé dans la matinée du mardi 11 février 2025.
Des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh) les ont forcés à battre en retraite.
Cette situation de tensions a paralysé les activités commerciales et scolaires à Maïssade.
Depuis plus d’une semaine, les habitantes et habitants de la commune sont sur le qui-vive.
Le responsable du commissariat de police à Maïssade, l’inspecteur divisionnaire Wilderne Cabrouet, a fustigé le comportement de certaines autorités de la ville, qui se feraient complices des gangs armés pour terroriser la population.
Il déclare disposer de preuves tangibles concernant des liens entre certaines autorités de la commune et des groupes armés.
Actuellement, la commune de Maïssade ne dispose pas d’assez de policiers nationaux pour faire face aux violences des bandes armées, apprend AlterPresse auprès d’habitantes et d’habitants de la zone.
Par ailleurs, les gangs armés continuent de semer la terreur dans plusieurs communes du département de l’Ouest et de l’Artibonite.
Les habitantes et habitants de la commune de Petite Rivière de l’Artibonite (Artibonite, Nord) ont exprimé leur peur de retourner à leurs domiciles, redoutant de nouveaux assauts meurtriers de gangs lourdement armés.
L’intensification des opérations policières au niveau du centre-ville de ladite commune et des zones avoisinantes n’a pas suffi à mettre totalement en confiance les Artibonitiennes et Artibonitiens.
Du lundi 27 au jeudi 30 janvier 2025, plus de 150 personnes ont été tuées dans le massacre perpétré par des bandits armés de la coalition criminelle Viv Ansanm, dans la commune de Kenscoff (à l’est de Port-au-Prince), a dénombré l’organisation des droits humains Fondasyon je klere (Fjkl), dans un rapport daté du mercredi 5 février 2025.
La Fjkl a vivement critiqué « le comportement irresponsable, voire désinvolte et cynique », des autorités en place, qui ont timidement réagi pour contrer la menace d’attaques des gangs armés, annoncées depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux avant le massacre à Kenscoff. [ro emb rc apr 14/02/2025 12:55]
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MÉMOIRE D’ALTERPRESSE
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