P-au-P., 04 sept. 2025 [AlterPresse] --- La situation sécuritaire ne cesse de se détériorer dans les communes de Mirebalais et Saut-d’Eau (Plateau central), presque entièrement livrées aux gangs criminels depuis les premières attaques meurtrières survenues le 31 mars 2025.
C’est ce qu’a rapporté Me. Robenson Mazarin, citoyen engagé, lors de l’émission FwoteLide diffusée le mercredi 3 septembre sur AlterRadio, suivie par AlterPresse.
La ville de Saut-d’Eau est totalement occupée par des groupes armés, tandis que plus de 90 % du territoire de Mirebalais demeure sous leur emprise, signale-t-il.
Les forces de l’ordre sont cantonnées dans la section communale de Sarazin, qui regroupe plusieurs localités.
La centrale hydroélectrique de Péligre, quant à elle, est protégée par des agents des Forces armées d’Haïti (Fad’H), précise-t-il.
Persistance des affrontements entre gangs et forces de l’ordre
Les affrontements entre gangs armés et forces de sécurité se poursuivent à Mirebalais, relate Me. Robenson Mazarin.
La semaine dernière, une opération a été menée pour reprendre une base contrôlée par les gangs, connue sous le nom de Montagne de la Grâce, en direction du Haut Plateau, près du pont de Fer à cheval, indique-t-il.
L’espace a été récupéré le vendredi 29 août 2025, et plusieurs armes à feu ont été saisies.
Cependant, dans la nuit du lundi 1er au mardi 2 septembre 2025, les bandits ont repris le contrôle de la zone, blessant plusieurs policiers et brigadiers lors de nouveaux assauts.
Les communautés déplacées de plus en plus désespérées
Les habitantes et habitants de Mirebalais expriment leur désir de retourner dans leurs demeures. Mais, elles et ils exigent le départ des gangs et un accompagnement de la police et de la justice, souligne Me. Mazarin.
Actuellement, les familles déplacées vivent dans des conditions extrêmement précaires dans les camps d’hébergement, sans aucune assistance de l’État, déplore-t-il.
Il appelle les autorités centrales à assainir la ville, faciliter le retour des déplacés et réhabiliter les écoles endommagées.
Il souligne également que les autorités locales sont totalement dépendantes du pouvoir central.
Lors de l’attaque de fin mars 2025 à Mirebalais, 515 détenus se sont évadés et une quinzaine de civils ont été tués.
Dans le Plateau central, notamment à Mirebalais et Saut-d’Eau, le nombre de personnes déplacées est passé de 68 000 à plus de 147 000 en quelques mois, a fait savoir, en juin 2025, l’Organisation internationale pour les migrations (Oim).
Entre juin et juillet, le nombre de sites de déplacés est passé de 246 à 272 à travers Haïti, conséquence directe des attaques armées dans ce département.
Aujourd’hui, près de 1,3 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, soit une augmentation de 24 % depuis décembre 2024, selon un rapport publié par l’Oim. [emb apr 04/09/2025 12 :10]
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