Par Charilien Jeanvil
Petite Rivière de l’Artibonite (Haïti), 29 janv. 2025 [AlterPresse] --- Les habitantes et habitants de la commune de Petite Rivière de l’Artibonite (Artibonite. Nord) expriment leur peur de retourner à leurs domiciles, redoutant de nouveaux assauts meurtriers de gangs lourdement armés, selon les témoignages recueillis par l’agence en ligne AlterPresse.
L’intensification des opérations policières au niveau du centre-ville de ladite commune et des zones avoisinantes n’a pas suffi à mettre totalement en confiance les Artibonitiennes et Artibonitiens.
Assurés de la présence des blindés de la Police nationale d’Haïti (Pnh) et de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti, les riveraines et riverains espèrent, toutefois, un retour à un calme durable, déclare l’agent exécutif intérimaire de la commune de Petite Rivière de l’Artibonite, Me. Dort Lereste, lors de sa participation à l’émission FwoteLide sur AlterRadio, suivie par AlterPresse.
Depuis le dernier massacre du gang Gran Grif de Savien, qui a fait au moins 70 morts à Petite Rivière de l’Artibonite, les mardi 10 et mercredi 11 décembre 2024, la Pnh et la Mmas ont mené des opérations conjointes, qui ont abouti à l’arrestation et/ou l’élimination de plusieurs bandits.
La majorité des malfrats ont pris la fuite, mais la menace demeure, alerte l’agent exécutif intérimaire de Petite Rivière de l’Artibonite.
Le foyer de gangs n’a pas été éradiqué, signale-t-il, pour expliquer les raisons de la crainte des habitantes et habitants de retourner dans leurs foyers.
Un grand nombre de personnes préfèrent se réfugier, le soir, sur la place publique, non loin des policiers nationaux, au lieu de dormir dans leurs maisons.
Pour l’instant, la population de Petite Rivière de l’Artibonite est éparpillée dans différentes autres communes, comme Saint-Marc et Verrettes, ainsi que dans des sections communales adjacentes.
Leur situation rime avec l’inconfort et la misère, exacerbée par la faim due à la rareté de produits alimentaires.
Dort Lereste préconise une présence constante des policiers nationaux, pour dissiper ce climat de peur.
Il appelle les autorités à mettre en place un plan, pour rétablir la sécurité et endiguer l’insécurité alimentaire, à créer les mécanismes de retour des personnes déplacées et réfugiées dans leurs quartiers ainsi qu’un accompagnement nécessaire pour leur relèvement économique.
Plus de 10 mille personnes ont été contraintes de se déplacer, suite à la dernière attaque perpétrée, dans la nuit du 10 au 11 décembre 2024, à Petite Rivière de l’Artibonite par le gang Gran Grif de Savien.
Ce massacre est survenu quelques jours après la reprise du commissariat de police à Petite Rivière de l’Artibonite par la Pnh.
Un programme d’assainissement en vue d’un relèvement de Petite Rivière de l’Artibonite
Du lundi 27 au vendredi 31 janvier 2025, le Conseil exécutif intérimaire de la commune lance un programme d’assainissement dans la ville, qui devrait participer du processus de relèvement de la communauté, indique l’agent exécutif intérimaire de la commune de Petite Rivière de l’Artibonite.
Plus de 200 citoyennes et citoyens sont mobilisés pour ce programme d’assainissement, qui devrait s’étendre du centre-ville à des localités avoisinantes.
Le Conseil exécutif intérimaire à Petite Rivière de l’Artibonite déclare « ambitionner d’améliorer la salubrité de l’espace urbain et de curer les canaux d’irrigation, tout en dotant d’un certain pouvoir d’achat les bénéficiaires décapitalisés par la criminalité constante », souligne Dort Lereste. [cj emb rc apr 29/01/2025 09:40]
Source photo : haiti.fandom.com
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