Actualisé le 29 avril à 22:00
P-au-P, 29 avril 2025 [AlterPresse] --- Le Conseil présidentiel de transition (Cpt) demande aux institutions judiciaires de se saisir des dossiers des personnes, sanctionnées par la communauté internationale et concernées dans différents régimes politiques en Haïti, dans une note en date du 28 avril 2025 dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Dans une correspondance, le coordonnateur des actions au Cpt, Fritz Alphonse Jean, appelle le premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, à prendre des mesures urgentes, pour mobiliser les instances judiciaires compétentes et statuer sur ces dossiers.
Cette démarche viserait « à garantir le respect des engagements internationaux d’Haïti en matière de lutte contre la corruption, de blanchiment de capitaux et des violations des droits humains », souligne le Cpt, rappelant aux institutions judiciaires leur obligation de se saisir de ces dossiers.
Un rapport détaillé sur l’application de cette décision est attendu dans les meilleurs délais, informe le Conseil présidentiel de transition, réaffirmant son engagement ferme à promouvoir la transparence, l’intégrité et le respect des obligations internationales du pays.
Le 16 avril dernier, la France et le Royaume-Uni ont appelé les autorités d’Haïti à « mettre pleinement en œuvre le régime de sanctions » appliqué au niveau international contre des personnalités qui financent ou soutiennent des actions criminelles des gangs et/ou qui sont impliqués dans le blanchiment d’argent.
« Nous sommes déterminés à maintenir les pressions exercées sur ceux qui cherchent à déstabiliser Haïti en adoptant des sanctions », ont affirmé les deux pays dans un bref communiqué publié sur le site internet du Ministère français des affaires étrangères.
Le Cpt avait annoncé une action ferme « pour traduire en justice ceux, qui sapent la sécurité et la stabilité d’Haïti ».
Les sanctions onusiennes, américaines et canadiennes ont ciblé plusieurs chefs de gangs haïtiens, des personnalités politiques et des hommes d’affaires, pour financement de gangs, trafic de drogue et autres.
Dans une interview, accordée, le mercredi 29 janvier 2025, à la chaine de télévision TV5 Monde, Leslie Voltaire avait indexé l’administration politique (14 mai 2011 - 7 février 2016) de l’ancien président Joseph Michel Martelly dans la prolifération des gangs armés en Haïti.
Michel Martelly s’est associé aux bandes armées dans l’objectif de contrôler le pouvoir politique et Haïti, avait affirmé Voltaire, dans cette interview accordée à TV5 Monde, à l’occasion d’une visite de deux jours, les mardi 28 et mercredi 29 janvier 2025, en France, où il s’est entretenu avec le président français Emmanuel Macron sur la crise en Haïti.
Cette accusation incluait également l’ancien sénateur Youri Latortue, ex-président du Sénat (2017 - 2018), l’ancien député Prophane Victor (2016 - 2020) et Reynold Deeb, directeur général du groupe Deka.
Lors d’une opération, le dimanche 12 janvier 2025 à Vivy Mitchell (quartier de la commune de Pétionville, à l’est de la capitale Port-au-Prince), des agents de la Direction centrale de la Police judiciaire (Dcpj) ont procédé à l’arrestation de l’ancien député Prophane Victor, soupçonné de collusion avec les gangs armés dans le département de l’Artibonite. [emb rc apr 29/2025 09:50]
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