P-au-P., 28 août 2026 [AlterPresse] --- L’organisation Haitian Bridge Alliance condamne fermement les dernières atrocités commises à Kenscoff (est de Port-au-Prince), où environ 50 personnes ont été assassinées, une cinquantaine d’autres enlevées et 25 maisons incendiées par des gangs, forçant quelque 2 600 personnes à fuir leurs foyers.
Elle appelle les groupes armés à déposer les armes et à mettre fin aux violences afin de permettre à Haïti d’emprunter la voie de la reconstruction.
Dans un communiqué transmis à la rédaction d’AlterPresse, Haitian Bridge Alliance invite les États-Unis et la communauté internationale à renforcer les mesures visant à stopper l’afflux d’armes à feu illégales vers Haïti, tout en rappelant qu’Haïti ne fabrique pas d’armes.
« Personne ne devrait avoir à vivre dans la peur d’être tuée ou contrainte de fuir son foyer. Les Haïtiens méritent de vivre en sécurité dans leurs communautés et de pouvoir construire leur avenir dans leur pays », souligne l’organisation communautaire.
Appel à la suspension des expulsions vers Haïti par les États-Unis
Haitian Bridge Alliance plaide, dans la foulée, pour la suspension par les États-Unis des vols d’expulsion vers Haïti, estimant que les conditions ne sont pas réunies pour permettre des retours en toute sécurité.
« Nous sommes profondément préoccupés par la sécurité des Haïtiens (et Haïtiennes, ndlr) en Haïti et de ceux (et celles, ndlr) renvoyés dans un pays où le gouvernement ne peut actuellement garantir leur protection », a déclaré Guerline Jozef, directrice générale de Haitian Bridge Alliance.
« Les États-Unis doivent suspendre les vols d’expulsion vers Haïti et garantir la protection des Haïtiens (et des Haïtiennes, ndlr) aux États-Unis jusqu’à ce que leur retour soit possible en toute sécurité », avance l’organisation de défense des droits humains évoluant aux États-Unis.
The Bridge recommande parallèlement au gouvernement haïtien d’expliquer clairement les mesures qu’il a mises en place pour protéger la population à travers le pays, y compris les personnes expulsées vers Haïti.
« S’il (le gouvernement haïtien, ndlr) ne peut assurer cette protection, il doit se concerter avec ses homologues américains et demander un moratoire immédiat sur les expulsions », soutient Haitian Bridge Alliance.
L’association fait remarquer que cet appel intervient alors qu’un nouveau vol d’expulsion transportant des dizaines de personnes, dont des enfants nés aux États-Unis, était en route pour Haïti.
« Les personnes doivent être protégées, et non exposées au danger », clame l’organisme militant pour le respect des droits des migrants.
Environ 350 000 Haïtiennes et Haïtiens vivant sous le Statut de protection temporaire (Tps, en anglais) aux États-Unis sont sous la menace d’expulsion depuis mercredi 5 août 2026, après la levée des mesures qui empêchaient l’administration de Donald Trump d’expulser des ressortissantes et ressortissants haïtiens bénéficiant du Tps.
Il y a une semaine, soit le 20 août 2026, a eu lieu le premier vol d’expulsion depuis la fin du Tps vers Haïti. Au total, 161 personnes de nationalité haïtienne expulsées des États-Unis ont débarqué à l’aéroport international du Cap-Haïtien (Nord).
Les États-Unis prévoient d’augmenter la fréquence des vols à deux par semaine, afin de pouvoir expulser au minimum environ 250 Haïtiennes et Haïtiens chaque semaine. [cj gp 28/08/2026 07:30]
Photo : Facebook
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