Par Emmanuel Marino Bruno
P-au-P, 30 avril 2025 [AlterPresse] --- Du 1er janvier au 31 mars 2025, (un nombre de) 1,617 personnes ont été tuées et 580 autres blessées, en raison des violences en Haïti, indique le Bureau intégré des Nations unies (Binuh) dans un rapport sur la situation des droits humains dans le pays, transmis à l’agence en ligne AlterPresse.
Les personnes tuées et blessées ont été victimes dans les violences impliquant des gangs, des groupes d’autodéfense ou des membres de la population, ainsi que lors d’opérations menées par les forces de sécurité, précise le Binuh.
Au cours du premier trimestre de l’année 2025, marqué par l’intensification des manœuvres criminelles des groupes armés, pour étendre leur influence territoriale dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, et ses environs, au moins 161 cas de kidnapping contre rançons ont été recensés, dont 63% dans le département de l’Artibonite, poursuit-il.
Le Binuh souligne une situation des droits humains extrêmement préoccupante en Haïti, marquée par des crimes de masse, des enlèvements et des violences sexuelles.
Le rapport du Binuh mentionne une progression de l’influence territoriale et des abus des droits humains, perpétrés par les gangs armés dans le Plateau central.
Au 31 mars 2025, Haïti comptait 1,041,229 personnes déplacées, soit une hausse de 48 % par rapport à l’évaluation précédente de septembre 2024, informe le Binuh.
De janvier au 31 mars 2025, au moins 189 personnes, accusées d’appartenir aux gangs ou d’avoir commis des délits de droit commun, ont été tuées par des groupes d’autodéfense ainsi que ceux de membres non organisés de la population, dans le cadre du mouvement communément appelé Bwa Kale.
Au moins 802 personnes ont été tuées, lors des opérations de forces de sécurité.
Environ 20% de ces victimes étaient des membres de la population, touchés par des balles perdues, alors qu’ils se trouvaient dans les rues ou dans leurs habitations, rapporte le Binuh.
Il y a eu également 65 cas d’exécutions sommaires, qui auraient été commises par des éléments de la police et le commissaire du gouvernement de Miragoâne, Jean Ernest Muscadin.
Face à la détérioration de la situation sécuritaire, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti demande d’accélérer le déploiement complet de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) sur le territoire national, dont le déploiement actuel se limite à un effectif de 1,000 hommes, soit moins de 40 % des 2,500 hommes prévus dans le concept d’opérations.
Le Binuh exhorte le gouvernement haïtien à accélérer l’installation des pôles judiciaires spécialisés, pour lutter contre les crimes de masse, y compris les violences sexuelles, et les crimes financiers.
Il lui demande, avec le soutien de la communauté internationale, d’accélérer la mise en œuvre effective du processus de vetting au sein de la Police nationale dHaïti (Pnh) et de traduire en justice les policiers nationaux, accusés d’être impliqués dans des violations graves des droits humains.
Le Binuh appelle les États de la région des Amériques à renforcer et augmenter la quantité des inspections des cargaisons à destination d’Haïti sur leurs territoires, y compris dans les ports maritimes et les aéroports, conformément aux résolutions 2653 (2022) et 2752 (2024) du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu), qui impose un embargo sur les armes.
Trafic d’armes en Haïti, les États-Unis sur le banc des accusés
Le représentant de la Chine a critiqué l’application superficielle, par les États-Unis, de l’embargo sur les armes, permettant l’entrée d’armes illégales en Haïti, depuis la Floride.
Le délégué de la Fédération de Russie a noté combien « l’embargo sur les armes, en vigueur jusqu’à présent, n’a pas empêché les groupes criminels de reconstituer leurs arsenaux ».
Il a fustigé les États-Unis de n’avoir pas pris les mesures nécessaires pour « stopper le flux illégal d’armes » vers Haïti.
Les sanctions à elles seules ne suffisent pas à éradiquer la criminalité, a fait remarquer la Fédération de Russie, estimant essentiel de consolider et de renforcer les forces de l’ordre nationales. [emb rc apr 30/04/2025 13:50]
Source photo : Unocha
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