P-au-P, 02 déc. 2024 [AlterPresse] --- Aucune intervention efficace n’est, jusqu’à date (2 décembre 2024), effectuée par les forces de l’ordre pour reprendre le contrôle des quartiers de Solino et de Nazon (centre-ville de Port-au-Prince), pris en otage depuis plusieurs semaines par la coalition criminelle des gangs armés Viv Ansanm, observe l’agence en ligne AlterPresse.
À Nazon, plusieurs personnes continuent d’être tuées ou blessées par les bandits de Viv Ansanm, qui y sèment la terreur, ainsi que par des balles perdues.
Face à ce climat de terreur, instaurée par ces gangs armés armés, notamment à Solino et Nazon, ces dernières semaines, les agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh) se contentent de rester à bord de leurs chars blindés et de tirer parfois sans arrêt, pour dissuader les bandits armés, au lieu de planifier une opération sérieuse et efficace au sol pour les démanteler, fustigent riveraines et riverains.
Plusieurs résidentes et résidents déplacés de Solino y voient un véritable gaspillage de munitions de la Pnh.
Malgré leur présence sur le terrain, la Police nationale d’Haïti et les forces kenyanes n’ont pas fait grand-chose pour éviter que Solino soit parmi la liste des territoires perdus.
Beaucoup de personnes évitent désormais de passer à Nazon et Solino, zones devenues désertes et très risquées.
Depuis deux semaines, les véhicules de transports en commun ne fréquentent plus les quartiers de Nazon et de l’avenue Poupelard, transformés en repaires de bandits.
Fondée depuis 2000, la Ligue des pasteurs de la commune de Delmas (Lipacod) a exprimé, dans une note, son indignation face à l’attaque sanglante, perpétrée par les gangs contre l’Église Union baptiste de Nazon, au cours de laquelle cinq (5) de ses membres ont tragiquement perdu la vie, le mercredi 20 novembre 2024, à l’intérieur de l’église et à proximité même de l’assemblée des fidèles.
La Lipacod déclare exiger fermement l’adoption de mesures immédiates et efficaces, par le gouvernement en place, pour mettre un terme à cette vague de violences qui continuent de plonger les familles haïtiennes dans le deuil et la désolation.
Depuis le jeudi 17 octobre 2024, les gangs ont orchestré de nouvelles attaques meurtrières contre plusieurs quartiers à Port-au-Prince, particulièrement Solino.
L’annonce, le mardi 22 octobre 2024, de l’installation d’une base de la Pnh à Delmas 24 participerait d’une stratégie de propagande, visant à mettre en confiance la population de Solino, s’inquiètent des résidentes et résidents, très déçu-e-s.
Solino, Delmas 24 et Nazon, territoires perdus
L’évidence saute aux yeux à présent, après la perte totale des territoires de Solino et de Delmas 24, suivis par celui de Nazon.
Les forces de l’ordre n’ont fait que retarder la prise de contrôle de ces territoires, de l’avis de plusieurs personnes déplacées interrogées par AlterPresse.
La mort par balle, dans l’après-midi du mercredi 13 novembre 2024, de l’agent du Swat, Jeff Petit-Dieu, sur le champ de bataille aurait accéléré la conquête de Solino par les gangs armés.
Le policier Jeff Petit-Dieu était considéré comme un fervent résistant face aux attaques de ces bandits armés à Solino
L’agent du Swat faisait constamment échec à l’invasion des gangs armés aux rues Anglade et Sylvia.
Le décès de Petit-Dieu, vécu comme un drame, a provoqué une vive panique au sein de la population de Solino qui, en moins de deux jours, a complètement abandonné le quartier par peur.
La venue de forces kényanes, en renfort aux policiers nationaux à Solino, peu avant la mort de Jeff Petit-Dieu, n’a pas pu empêcher les gangs de s’emparer de Solino.
Le vendredi 15 novembre 2024, Solino et quelques zones environnantes, comme les rues Brun Ricot à Nazon, Caravelle et Sylvia, débouchant sur l’avenue Poupelard, ont été totalement occupés par ces criminels.
Beaucoup de résidentes et résidents, pris de court, n’ont même pas eu le temps d’emporter leurs effets et leurs biens.
Les violences des gangs ont été terribles.
Un grand nombre de maisons ont été incendiées par les bandits, alors que d’autres ont été systématiquement pillées, sous le regard impuissant des patrouilles policières, qui font la navette à bord de chars blindés sur la route principale de l’avenue Martin Luther King, plus connue sous le nom de Nazon, sans véritablement pénétrer à l’intérieur des lieux où se cachent les malfrats.
Des résidentes et résidents de Solino continuent de crier au complot.
Pourquoi attendre que les bandits envahisseurs tuent, kidnappent, pillent, violent les femmes et les filles, et incendient les maisons de paisibles résidentes et résidents, avant de faire un semblant d’interventions pour les repousser ? se demandent les personnes déplacées.
Autour de 41 mille personnes se sont de nouveau déplacées dans la capitale, Port-au-Prince, à cause de l’escalade des violences des gangs armés, observée depuis le lundi 11 novembre 2024, a enregistré l’Organisation internationale pour les migrations (Oim).
« Plus de 90 % de ces personnes déplacées sont hébergées dans 23 sites de déplacement, dont 19 nouvellement créés, ces derniers jours, pour accueillir un nombre considérable de personnes », a précisé l’Oim.
Beaucoup de morts à Solino
Un nombre indéterminé d’habitantes et d’habitants ont été tués à Solino, depuis le déferlement des attaques des gangs armés dans la zone, le jeudi 17 octobre 2024.
Le jeudi 24 octobre 2024, trois personnes, dont le policier national Ralph Isaac, sont tombées sous les balles de bandits armés, qui tentaient d’envahir le quartier de Solino.
Quatre (4) autres personnes ont été tuées par balles et de nombreuses autres contraintes de se réfugier ailleurs, après de nouvelles attaques de la coalition des gangs armés Viv Ansanm, perpétrées, dans la nuit du mardi 12 au mercredi 13 novembre 2024, contre le vaste quartier de Solino.
Les quatre victimes sont des jeunes de Solino, qui résistaient, derrière des barricades, aux assauts des bandits armés dans la zone, avait confié une source à AlterPresse.
Le mardi 12 novembre 2024, deux (2) personnes ont été assassinées par ces bandits armés.
Le lundi 11 novembre 2024, Pouchon ainsi connu, un musicien du groupe rara Shabba, a été tué par balle et plusieurs autres personnes blessées, dans de nouvelles attaques de Viv Ansanm contre Solino.
Une jeune fille a été tuée d’une balle à la tête, le dimanche 10 novembre 2024.
Trois (3) résidents de Solino, attirés dans un guet-apens, ont été tués dans la matinée du mercredi 6 novembre 2024, par les bandits de Viv Ansanm, avait rapporté à AlterPresse un résident de Solino.
Le mardi 5 novembre 2024, un entraineur de football, Patrick ainsi connu, a succombé à ses blessures, après avoir été atteint d’une balle perdue à Solino. [emb rc apr 02/12/2024 10:00]
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Haiti-Élections/Reconstruction : La confusion plane 25 novembre 2010




