P-au-P, 24 mars 2025 [AlterPresse] --- L’Union des parents d’élèves progressistes haïtiens (Upeph) appelle toute la population dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, à se mobiliser pour contraindre les 9 membres du Conseil présidentiel de transition (Cpt) et le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à laisser le pouvoir, dans une note dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Si les autorités de la transition restent à la tête du pays, les gangs finiront par prendre le contrôle de tout le département de l’Ouest, où se trouve la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, craint l’Upeph.
Elle en veut pour preuve le fait que le gouvernement de transition commence à retirer toutes les institutions publiques, du centre-ville de Port-au-Prinve, pour les déplacer vers les hauteurs de Delmas et Pétionville, comme la Direction générale des impôts (Dgi), le Ministère de l’économie et des finances (Mef), celui du commerce et de l’industrie (Mci).
L’Upeph s’élève contre l’absence de résultats, depuis le 25 avril 2024, des autorités de la transition, qu’elle accuse de ne pas avoir pris des dispositions pour garantir la sécurité des communautés de Canapé Vert, Juvénat, Turgeau, Bourdon, Carrefour Feuilles, Christ Roi, Nazon, des rues Capois, Nicolas, des avenues Christophe, Magloire Ambroise, ainsi que des milliers de personnes dans les camps de personnes déplacées.
Ces citoyennes et citoyens demandaient aux autorités de reprendre le contrôle des zones occupées par les gangs terroristes armés, afin de pouvoir retourner dans leurs maisons et quartiers, et permettre la réouverture des écoles et universités.
De nombreuses personnes ont été tuées et blessées dans plusieurs zones, comme les rues Capois Nicolas, le grand quartier de Carrefour Feuilles, l’avenue Christophe, les quartiers de Solino, Christ Roi et Nazon, la commune de Delmas, entre autres, rapporte-t-elle.
Des dizaines de milliers de personnes ont dû également abandonner leurs maisons et leurs biens pour dormir dans la rue, comme dans l’une des stations-services de Carrefour Tifou (Port-au-Prince).
« Pire encore, beaucoup sont mortes et blessées à l’intérieur de leurs maisons, tandis que leurs familles ne peuvent pas les emmener à l’hôpital. Dans certains cas, les cadavres de personnes sont dévorés par des chiens ».
Une septuagénaire violée par une dizaine de bandits
La semaine dernière, plus de 10 bandits ont violé une femme de 70 ans à l’avenue Magloire Ambroise.
En raison de la gravité de l’agression, elle a été transportée d’urgence à l’hôpital.
L’Upeph dénonce le « comportement complice » des 9 membres du Cpt, qui ne font rien pour protéger la population.
« Au lieu de mettre en place un plan de sécurité pour arrêter la fuite des habitantes et habitants, et permettre leur retour dans leurs maisons et quartiers, ainsi que la réouverture des écoles et universités, Alix Didier Fils-Aimé et les membres de son gouvernement préféreraient s’opposer à Rameau Normil, directeur général ad intérim de la Police nationale d’Haïti (Pnh) », fustige-t-elle.
Fermeture massive des établissements scolaires et universités
« Dans la commune de Port-au-Prince, 967 écoles privées et environ 50 écoles publiques ne fonctionnent pas. À Carrefour Feuilles, 123 écoles privées sont fermées. À Pétionville et dans les hauteurs de Delmas, quelques écoles fonctionnent tant bien que mal », expose l’Union des parents d’élèves progressistes haïtiens.
Sur les 158 universités et facultés privées reconnues dans le pays, 119 sont fermées dans le département de l’Ouest .
Début janvier 2025, la plupart des écoles publiques du pays étaient fermées, en raison d’un mouvement de grèves des enseignantes et enseignants du secteur public, qui réclamaient une augmentation de leurs traitements, des avantages sociaux ainsi qu’une amélioration dans leurs conditions d’enseignement.
Parmi les 23 facultés et entités de l’Université d’État d’Haïti (Ueh), la plupart ont cessé de fonctionner depuis mars 2024, note l’Upeph.
« Seules 4 étaient encore actives avec un personnel réduit en mars 2025. Mais, elles sont désormais fermées, car le gouvernement a abandonné la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, aux gangs armés, tandis que leurs propres enfants étudient dans de grandes universités à l’étranger », déplore-t-elle. [emb rc apr 24/03/2025 12:10]
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