P-au-P., 30 mars 2026 [AlterPresse] — Une vingtaine de personnes, dont cinq membres d’une même famille, ont été tuées lors d’une nouvelle attaque perpétrée par le gang « Gran Grif » dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 mars 2026, dans la localité de Jean Denis, à Petite Rivière de l’Artibonite.
C’est ce qu’a rapporté André Saint-Louis, coordonnateur du Comité initiative pour la paix dans le Bas Artibonite (Cipba), lors d’une intervention à l’émission FwoteLide diffusée sur AlterRadio 106.1 f.m. et suivie par l’agence en ligne AlterPresse.
Il signale un lourd bilan, tout en démentant toutefois le chiffre de 80 morts avancé par certaines sources.
Face à l’assaut des bandits armés, plusieurs habitant.e.s ont été contraints de fuir, tandis que d’autres ont résisté.
Les groupes criminels ont été repoussés grâce à l’intervention des forces de l’ordre, appuyées par des brigadiers.
« Les membres du gang Gran Grif nous ont attaqués vers 2h du matin. Il y a eu beaucoup de dégâts collatéraux », confie André Saint-Louis, qui appelle à une collaboration étroite entre la police et la population pour contrer les gangs.
Il reproche à l’État son inaction et son refus d’envoyer des équipements adaptés aux forces de l’ordre.
Dans ce contexte, il lance un appel direct au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, afin qu’il donne l’ordre d’agir contre les gangs et doter les forces d’intervention dans l’Artibonite de drones kamikazes.
De son côté, l’Office de la protection du citoyen (Opc) a fait état, dans une note, de 16 personnes tuées, dont une femme, et de 19 blessés par balles, lors de ce massacre commis dans les localités de Jean Denis et Pont-Benoît, situées dans la première section communale de Bas-Coussin 1.
Les victimes sont actuellement prises en charge dans des centres hospitaliers de Saint-Marc et de Marchand Dessalines.
L’accès aux zones affectées demeure extrêmement difficile en raison de la présence de groupes armés, notamment les gangs « Gran Grif » et « Kokorat San Ras », ce qui complique les opérations d’assistance et de vérification, souligne l’Opc.
L’institution déplore l’insuffisance des interventions des autorités compétentes face à cette tragédie, dans un contexte où les communautés locales vivent sous la menace constante de groupes armés contrôlant certains axes routiers stratégiques.
Face à cette situation alarmante, l’Opc appelle les autorités étatiques à activer le Conseil supérieur de la police nationale d’Haïti (Cspn) pour une réponse coordonnée et adaptée.
Il demande de renforcer sans délai les dispositifs de sécurité dans le département de l’Artibonite, de mobiliser les ressources nécessaires pour neutraliser les groupes armés et de garantir l’indépendance ainsi que l’efficacité des actions policières et judiciaires.
Au moins 148 personnes (120 hommes, 25 femmes, deux garçons et une fille) ont été tuées, tandis que 127 autres (94 hommes, 32 femmes et une fille) ont été blessées, lors d’attaques meurtrières des gangs dans l’Artibonite, selon un rapport du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh) couvrant la période d’octobre à décembre 2025. [emb apr 30/03/2026 17 :20]
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