P-au-P, 31 mars 2026 [AlterPresse] --- À l’occasion du premier anniversaire de l’invasion des communes de Mirebalais et de Saut-d’Eau par des gangs armés, le Collectif Défenseurs Plus exprime de vives indignations face à la dégradation des conditions de vie et à l’inaction persistante de l’État haïtien, dans un document dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Un an après les attaques du lundi 31 mars 2025, ces communes restent sous le contrôle de gangs. Des milliers de personnes, contraintes de fuir, vivent toujours dans des conditions précaires, dans des camps de fortune ou au sein de familles d’accueil, sans accès adéquat aux services de base.
Cette situation s’inscrit dans une crise nationale majeure.
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (Oim), plus de 1,45 million de personnes sont aujourd’hui déplacées en Haïti, un niveau proche de celui enregistré après le tremblement de terre du mardi 12 janvier 2010 en Haïti.
Si Port-au-Prince demeure l’épicentre, les déplacements s’étendent rapidement aux départements du Plateau central et de l’Artibonite.
Entre janvier et septembre 2025, 69 % des mouvements de population ont été enregistrés en province, avec une forte hausse dans le Plateau central.
À l’échelle nationale, plus de 197,000 personnes vivent dans des sites surpeuplés, tandis que la majorité est accueillie par des familles déjà vulnérables.
Environ 46 % de ces ménages hébergent en moyenne trois personnes déplacées, souvent dans des conditions de promiscuité. Un enfant déplacé sur quatre n’est pas accompagné de ses parents.
Les capacités d’accueil atteignent leurs limites : plus de 60 % des familles hôtes déclarent faire face à des difficultés économiques, liées à cet accueil, et un quart d’entre elles ne se sentent plus en mesure de continuer.
En parallèle, environ 15 % des personnes déplacées vivent dans des sites souvent non sécurisés, non éclairés et dépourvus de services essentiels, les exposant à de multiples risques.
Dans ce contexte, le Collectif Défenseurs Plus dénonce l’absence de réponses structurelles, malgré les ressources mobilisées pour la sécurité.
« Aucun résultat concret n’est observable », souligne le Collectif Défenseurs Plus, qui estime que Mirebalais et Saut-d’Eaur estent livrées aux gangs armés.
L’organisation rappelle combien l’État a l’obligation d’assurer la sécurité des citoyennes et citoyens, et de protéger leurs biens.
Elle appelle à des actions immédiates pour reprendre le contrôle des zones concernées, à une assistance humanitaire renforcée, à une gestion transparente des fonds publics, ainsi qu’à la mise en place des conditions d’un retour sécurisé, volontaire et digne des communautés déplacées.
« Mirebalais et Saut-d’Eau ne doivent pas sombrer dans l’oubli. La vie et la dignité de leurs habitantes et habitants ne peuvent plus attendre », avertit le Collectif Défenseurs Plus. [apr 31/03/2026 06:00]
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