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Haïti : Au moins une dizaine de morts et 20,000 déplacés – « Situation intenable » à Petite Rivière de l’Artibonite, suite aux attaques de gangs

Petite Rivière de l’Artibonite (Haïti), 5 mai 2025 [AlterPresse] – Une « situation chaotique, insoutenable et intenable » prévaut à Petite Rivière de l’Artibonite (Nord), où les récentes attaques de gangs armés ont causé la mort d’au moins une dizaine de personnes et provoqué le déplacement d’environ 20 000 autres, alerte Lereste Dort, agent exécutif intérimaire de la commune, dans une déclaration à AlterPresse.

Depuis le 27 avril 2025, les assauts violents se sont intensifiés : des habitant·e-s ont été tué·e-s, plusieurs maisons incendiées, et des familles entières prises pour cibles. Certaines personnes ont tenté de fuir par voie terrestre, tandis que d’autres se sont jetées dans le fleuve de l’Artibonite pour échapper aux tirs.

Les personnes déplacées ont trouvé refuge principalement dans les communes voisines de Verrettes (9,207 personnes) et de Saint-Marc (7,300). Des sections de Petite Rivière de l’Artibonite accueillent également 2,609 personnes, selon les chiffres partiels recueillis par le conseil exécutif intérimaire de la ville.

Des besoins urgents

Ce bilan demeure incomplet, notamment en ce qui concerne le nombre de personnes tuées, tient à préciser le haut fonctionnaire, qui joue le rôle de maire.

Plusieurs cadavres n’ont pas encore pu être récupérés ni identifiés, des victimes ayant été abattues à l’intérieur même de leurs domiciles.

Lereste Dort appelle à une intervention urgente de la Direction départementale de la santé publique pour prévenir les risques sanitaires liés aux corps non traités. Il souligne également la nécessité d’un soutien psychologique pour les familles endeuillées, « frappées dans leur âme ».

Concernant les déplacé·es, « nous rencontrons d’énormes difficultés à répondre à leurs besoins, notamment en matière d’alimentation », déplore-t-il.

Il lance un appel pressant à l’État central pour une réponse rapide et coordonnée. Il exhorte les agences humanitaires, ainsi que les personnes de bonne volonté, à acheminer une aide « dans la dignité ».

Dort salue, par ailleurs, le travail des forces de l’ordre, affirmant qu’elles ont fait de leur mieux pour repousser l’offensive des gangs : « Nous leur adressons nos compliments ».



Calme précaire

Un calme précaire règne actuellement dans la commune, meurtrie et en grande partie désertée. Dès la tombée de la nuit, les rares habitant·es resté·es se regroupent dans quelques sites du centre-ville.

Le gang Baz gran grif, actif dans la zone, a été officiellement désigné comme groupe terroriste par le Département d’État des États-Unis le 2 mai 2025, une décision saluée par les autorités haïtiennes.

Cette désignation concerne également la coalition de gangs Viv ansanm, opérant dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.

Dans l’Artibonite, deux policiers kényans de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) ont été tués par des groupes armés en l’espace d’un mois.

Le plus récent, Benedict Kabirou, disparu le 25 mars 2025 lors d’une mission de dépannage à Kafou Pèy, a été retrouvé mort peu après.

Entre janvier et mars 2025, au moins 1,617 personnes ont été tuées et 580 autres blessées en Haïti en raison des violences, selon le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh).

Le nombre de personnes déplacées dans le pays a atteint 1,041,229 au 31 mars 2025, soit une hausse de 48 % par rapport à septembre 2024. [apr 05/05/2025 22:00]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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