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Haïti : Au moins 15 morts, dont 8 enfants, dans une attaque de drones à Simon Pelé

P-au-P, 23 sept. 2025 [AlterPresse] --- Une quinzaine de personnes, dont 8 enfants parmi lesquels plusieurs en train de jouer, ont été tuées dans une attaque de drones « kamikazes », survenue dans la soirée du samedi 20 septembre 2025, à Simon Pelé, non loin de la route de l’aéroport international de Port-au-Prince, rapporte le journal américain Miami Herald, dans un article consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

Au moins huit enfants et trois adultes auraient péri lors de cette frappe, précise à Miami Herald le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh).

Parmi les victimes, figure Merika Saint-Fort Charles, âgée de 4 ans, qui jouait avec d’autres enfants dans le quartier au moment de l’explosion.

Elle est décédée en chemin vers l’hôpital.

Interrogée par Miami Herald, Mimosa Duclaire, 54 ans, grand-mère de la fillette, réclame justice. Elle affirme avoir vu les genoux brisés de sa petite-fille et sa tête fendue après l’explosion.

Quatre (4) membres de gangs auraient également été tués et sept autres blessés, indique le Rnddh au journal Miami Herald.

13 autres personnes, non affiliées aux gangs, auraient été grièvement blessées, dont six enfants, selon d’autres signalements.

D’après Miami Herald, deux drones kamikazes ont été lancés par une force opérationnelle de la Police nationale d’Haïti (Pnh), au moment où le chef de gang Steevenson Albert, alias Djouma, célébrait son anniversaire dans le secteur de Simon Pelé, à l’ouest de la route de l’aéroport international de Port-au-Prince.

C’est la deuxième fois que le gouvernement haïtien est tenu responsable de la mort de civils dans le cadre du déploiement de drones armés, signale le journal américain Miami Herald.

Plus tôt, en ce mois de septembre 2025, des images diffusées sur les réseaux sociaux montraient des corps allongés face contre terre et des personnes évacuées, après une frappe de drone à Port-au-Prince.

Les organisations de défense des droits humains avaient alors fait état de 11 morts.

Le Rnddh évoque un manque de coordination et de supervision, similaire à celui qui avait conduit à la mort de deux policiers nationaux en août 2025, lors de l’explosion d’un drone dans les collines surplombant Port-au-Prince.

Un autre drone avait ensuite causé la mort de 11 civils.

Appels à la prudence et à la responsabilité

Le Rnddh appelle à une utilisation coordonnée et responsable des drones par les forces de sécurité, afin d’éviter des dommages collatéraux.

« S’ils ne savent pas utiliser les drones efficacement, ils doivent arrêter de les utiliser », a-t-il déclaré à Miami Herald.

Le premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a autorisé l’usage de drones dans la lutte contre les gangs armés plus tôt cette année 2025, après avoir engagé une entreprise militaire privée fondée par Erik Prince, ancien dirigeant de Blackwater, rappelle le journal.

Malgré ces opérations, aucun chef majeur des puissants groupes terroristes criminels haïtiens n’a été neutralisé, tandis que le nombre de victimes civiles continue d’augmenter, insiste le Rnddh.

À date (23 septembre 2025), aucune communication officielle du gouvernement de transition n’a été faite concernant ce qui s’est passé, dans la soirée du samedi 20 septembre 2025, à Simon Pelé. [emb rc apr 23/09/2025 13:40]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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