Miami (États-Unis d’Amérique), 11 mars 2026 [AlterPresse] --- L’épouse de l’ancien président haïtien assassiné, Martine Joseph Moïse, a été entendue comme témoin à charge, le mardi 10 mars 2026, dans le cadre du procès à Miami (États-Unis) de quatre hommes, Arcángel Pretel Ortiz, Antonio Intriago, Walter Veintemilla et James Solages, accusés de l’assassinat, le mercredi 7 juillet 2021 de Jovenel Moïse, selon des médias américains consultés par l’agence en ligne AlterPresse.
En larmes devant le tribunal fédéral de Miami, après les déclarations liminaires, Martine Joseph Moïse a affirmé avoir attendu « depuis si longtemps » ce procès, rapporte le journal Miami Herald.
Un récit de la nuit du 6 au 7 juillet 2021
Le couple avait été réveillé par des tirs nourris à l’extérieur de leur résidence, située au sommet d’une colline, peu après 1:00 am, le mercredi 7 juillet 2021, a raconté Martine Joseph Moïse.
Terrifiée, elle dit avoir rampé pour rejoindre leurs enfants dans une chambre, avant de retourner vers la chambre parentale, où son mari lui conseilla de se cacher pour éviter les balles perdues.
Selon son témoignage, Jovenel Moïse avait alors contacté Dimitri Hérard, chef de la sécurité présidentielle ; Jean Laguel Civil, haut responsable de la sécurité ; ainsi que Léon Charles, directeur général de la Police nationale d’Haïti (Pnh).
Le jury, composé de douze personnes, a dû suspendre plus tôt que prévu l’audience de mardi 10 mars 2026.
Martine Joseph Moïse doit poursuivre son témoignage ce mercredi 11 mars 2026, notamment sur la manière dont une équipe d’anciens militaires colombiens, engagés par une société de sécurité basée à Doral, a abattu son mari et l’a blessée au bras et au coude, informe Miami Herald.
Les procureurs fédéraux et les avocats de la défense ont présenté leurs plaidoiries d’ouverture le mardi 10 mars 2026.
Les quatre accusés sont Arcángel Pretel Ortiz, 53 ans, Colombien, ancien informateur de l’agence Federal bureau of investigation (Fbi) et résident permanent aux États-Unis, Antonio Intriago, 62 ans, Vénézuélien-Américain, propriétaire d’une société de sécurité à Doral ; James Solages, 40 ans, Haïtien-Américain, un employé d’Antonio Intriago, propriétaire de l’entreprise Ctu security (basée en Floride) et Walter Veintemilla, 57 ans, Équatorien-Américain.
Détenus au centre fédéral de Miami depuis leur arrestation, ils sont poursuivis pour complot visant à enlever ou assassiner Jovenel Moïse.
Les accusations du procureur et les arguments de la defense
Les accusés avaient conspiré avec d’autres personnes pour planifier, financer et exécuter l’opération lors de réunions en Floride du Sud et en Haïti, dans le but de destituer et de remplacer Jovenel Moïse par un candidat politique, qui engagerait la société de sécurité d’Intriago pour de futurs contrats gouvernementaux,, a affirmé, le mardi 10 mars 2026, le procureur fédéral Sean McLaughlinque, cité par le journal étasunien.
« Il a été brutalement abattu à bout portant par une équipe de mercenaires colombiens », a déclaré McLaughlin, évoquant « l’avidité, l’arrogance et la soif de pouvoir » des accusés.
Les avocats de la défense, de leur côté, soutiennent que leurs clients ont servi de boucs émissaires et accusent Joseph Félix Badio, ancien haut responsable haïtien, ainsi que plusieurs officiers de la police nationale, d’avoir orchestré l’assaut.
Selon eux, Jovenel Moïse était déjà mort, lorsque les Colombiens sont arrivés, avec pour mission initiale de l’arrêter.
À ce jour, cinq personnes ont plaidé coupable et ont été condamnées à la prison à vie, tandis qu’une sixième a écopé de neuf ans pour avoir fourni des gilets pare-balles.
Au total, 11 personnes sont poursuivies aux États-Unis et 20 autres, dont 17 Colombiens et trois responsables haïtiens, attendent d’être jugées en Haïti, où aucune condamnation n’a encore été prononcée dans le cadre de cette enquête. [mff emb rc apr 11/03/2026 10:45]
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