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Haïti-Artibonite-Violences : Plus d’une centaine de victimes en un mois et demi, l’action de la Frg toujours attendue

P-au-P., 18 sept. 2026 [AlterPresse] --- La situation sécuritaire continue de se détériorer dans le département de l’Artibonite (Nord), où plus d’une centaine de personnes ont été directement victimes de violences des gangs entre le samedi 1er août et le mardi 15 septembre 2026, malgré le déploiement de la Force de répression des gangs (Frg), avec une base opérationnelle aux Gonaïves, principale ville du département.

Selon une source des Nations unies consultée par AlterPresse, au moins 105 personnes ont été tuées, blessées ou enlevées durant cette période, dans huit communes particulièrement affectées : Petite-Rivière-de-l’Artibonite, Saint-Marc, Verrettes, Saint-Michel-de-l’Attalaye, Dessalines, L’Estère, Liancourt et Gros-Morne.

Le bilan fait état de 39 personnes tuées, 49 blessées et 17 enlevées contre rançon.

La dernière attaque documentée remonte au 15 septembre, dans la localité de Mamon, à Saint-Michel-de-l’Attalaye. Des membres des gangs terroristes armés Gran Grif et Kokorat san ras ont ouvert le feu, tuant un résident et blessant deux autres personnes, une fille et un garçon.

Cette attaque a provoqué le déplacement de plusieurs habitants de la zone, selon des informations locales.

Des violences persistantes

Les gangs armés continuent de multiplier les attaques, enlèvements et actes d’extorsion dans plusieurs zones de l’Artibonite, notamment le long de la route nationale numéro 1.

Le samedi 29 août 2026, à Lacroix-Périsse, dans la commune de L’Estère, des membres de Kokorat san ras ont ouvert le feu sur un minibus de transport public après le refus du conducteur de s’arrêter à un point de contrôle illégal. Un passager a été tué et le chauffeur grièvement blessé.

Le lundi 7 septembre 2026, cinq personnes ont été enlevées à Gros-Morne, dont un fonctionnaire de l’État, un avocat, deux policiers et un chauffeur.

Des cas de violences sexuelles ont aussi été documentés en août à L’Estère, Dessalines et Saint-Michel-de-l’Attalaye, impliquant trois femmes adultes et deux filles mineures.

Les groupes armés s’en prennent également aux activités économiques et agricoles, ainsi qu’aux infrastructures. Ces violences perturbent la production agricole, la circulation des personnes et des marchandises et contribuent à la dégradation de la sécurité alimentaire.

Les attaques ont, par ailleurs, entraîné de nouveaux déplacements forcés. À la suite des violences du samedi 29 août 2026 à Petite-Rivière-de-l’Artibonite, au moins 894 personnes, soit 230 ménages, ont dû abandonner leur domicile.

Des attentes autour de la Frg

Le déploiement de la Frg dans l’Artibonite avait suscité des attentes parmi les populations confrontées aux attaques des gangs armés.

Le jeudi 6 août 2026, un contingent de soldats sri-lankais, accompagné de véhicules blindés, d’équipements tactiques et d’engins lourds, avait débarqué dans le port des Gonaïves.

Plus d’un mois après, des organisations locales déplorent, cependant, l’absence d’opérations contre les gangs dans le Bas-Artibonite.

« Il n’est pas normal que, plus d’un mois après, la situation sécuritaire reste aussi difficile dans le département de l’Artibonite », déclare André Saint-Louis, membre du Komite inisyativ pou lapè nan Ba Latibonit lan (Kilba), dans l’émission FwoteLide sur AlterRadio 106.1 FM.

Il estime que les gangs armés continuent de gagner du terrain malgré l’installation de la Frg aux Gonaïves.

Kilba appelle les autorités haïtiennes à prendre des dispositions urgentes pour mettre fin aux violences dans le département.

À Saint-Michel-de-l’Attalaye, l’agent exécutif intérimaire Williamson Gaspard alerte également sur la situation de la commune, après l’attaque du mardi 15 septembre 2026.

« La commune de Saint-Michel-de-l’Attalaye est en grand danger », avertit-il, appelant les autorités à agir face aux menaces des groupes armés.

La poursuite des violences dans plusieurs zones de l’Artibonite, plus d’un mois après le déploiement de la Frg aux Gonaïves, maintient les populations dans une situation d’insécurité et alimente les attentes autour d’une intervention effective de la force contre les groupes armés. [gp apr 18/09/2026 07 :50]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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