P-au-P, 08 févr. 2026 [AlterPresse] --- Le Mouvement justice, éthique et solidarité (Mojes) dresse un bilan critique des quatre dernières décennies de vie politique haïtienne, à l’occasion du 40e anniversaire (7 février 1986 - 7 février 2026) de la chute de la dictature des Duvalier et dans le cadre de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (Cpt).
Dans une note transmise à AlterPresse, le mouvement souligne que si la chute du régime dictatorial représentait une victoire historique, la transition démocratique promise après 1986 n’a jamais véritablement eu lieu.
Selon le Mojes, l’incapacité des élites et des classes dominantes à proposer une alternative politique crédible a plongé le pays dans une crise étatique profonde, aggravée par les interventions répétées de puissances étrangères.
Une histoire de répression et de dépendance
Le mouvement rappelle la période 1991-1994, marquée par le coup d’État militaire et la répression contre les mouvements démocratiques issus des élections de 1990.
La répression, le terrorisme d’État et le contrôle des forces politiques et militaires ont neutralisé toute dynamique populaire, consolidant un système incapable de se réformer.
Selon le Mojes, cette incapacité à bâtir une alternative durable a entraîné une érosion de la confiance dans les institutions, un affaiblissement de l’État et la multiplication des crises politiques et sociales.
La population continue de subir les conséquences d’un système dominé par la corruption et les logiques de pouvoir, incapable de répondre aux besoins réels du pays.
Contexte actuel : Violences et enjeux de sécurité
Le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, désormais plus haute autorité de l’État, a réaffirmé sa volonté de rétablir la sécurité et d’organiser des élections libres, alors que les violences liées aux gangs ont fait plus de 8 100 morts en 2025, selon un rapport du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh).
Pour le Mojes, cette situation souligne la nécessité d’un leadership interne capable de proposer des solutions crédibles, tout en mettant l’accent sur l’éthique, la paix et la mobilisation populaire.
Le mouvement appelle à dépasser les divisions artificielles et à construire un projet national permettant à Haïti de reprendre le contrôle de son destin et de se remettre sur la voie du développement durable. [apr 08/02/2026 20 :00]
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