Par Emmanuel Marino Bruno
P-au-P, 15 juin 2026 [AlterPresse] --- Plusieurs femmes et filles sont de plus en plus confrontées à un risque accru de violences, y compris sexuelles, a fait remarquer la Burundaise Marie Goretti Nduwayo, représentante résidente d’Onu Femmes depuis janvier 2022 en Haïti, lors d’un point de presse au Palais des Nations à Genève (Suisse), le vendredi 12 juin 2026.
Selon des témoignages, les gangs utilisent de plus en plus le viol comme outil pour terroriser et contrôler les communautés, rapporte Onu Femmes, dans une note dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Les auteurs recourent également aux technologies et plateformes numériques pour conserver des images d’agressions sexuelles, qu’ils exploitent ensuite afin d’extorquer ou d’humilier davantage les victimes, poursuit-elle.
De janvier à mars 2026, les violences sexuelles ont représenté plus de 70 % des cas signalés de Violences basées sur le genre (Vbg).
En 2025, (un nombre de) 1,863 cas de violences sexuelles impliquant 1,668 femmes, 187 filles, deux hommes et six garçons ont été enregistrés, soit une augmentation de 163 % par rapport à 2024, selon le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh).
Les femmes et les filles particulièrement vulnérables dans les camps de personnes déplacées
Plusieurs cas de Violences basées sur le genre ont été signalées dans 22 sites de personnes déplacées, révèle un rapport d’Onu Femmes, soulignant combien les femmes et les filles vivant dans ces sites sont confrontées à des niveaux de vulnérabilité les plus élevés.
La plupart des sites de déplacement ne disposent ni d’un éclairage adéquat, ni de serrures fonctionnelles dans les toilettes, ni d’installations séparées pour femmes et hommes.
De telles conditions exposent davantage les femmes et les filles à un risque accru de violences, signale l’organisation onusienne.
De plus, les services dédiés aux survivantes sont extrêmement limités, notamment le soutien psychosocial et juridique, qui reste largement inaccessible.
« Avant leur déplacement, la grande majorité des femmes exerçaient une activité génératrice de revenus, souvent via le commerce informel ou les petites entreprises. Aujourd’hui, seule une fraction y a encore accès ».
Plus de 80 % des femmes sont au chômage dans les sites de déplacement, alors qu’elles continuent à assumer la plupart des tâches et dépenses domestiques, souligne Onu Femmes.
L’agence onusienne relève également une détérioration complète de l’accès aux soins de santé, à l’éducation, à l’eau potable et à l’assainissement.
Plus de 1,600 écoles ont été contraintes de fermer, tandis que près de 40 % des établissements de santé de Port-au-Prince ne fonctionnent plus.
L’ouverture des premières maisons des femmes, soutenues par l’État en Haïti, avec l’appui d’Onu Femmes, constitue une étape importante dans la réponse aux actes de Violences basées sur le genre, estime l’agence onusienne.
Lancés le vendredi 22 mai 2026 dans les départements de l’Ouest, de la Grande Anse, de l’Artibonite et du Plateau central, ces centres sont spécialement conçus pour protéger et accompagner les survivantes de Violences basées sur le genre (Vbg).
Onu Femmes appelle à élargir les services de prévention et de réponse aux actes de Vbg, à accroître l’aide alimentaire et financière, à garantir l’accès aux soins de santé et à l’éducation, à soutenir la reconstruction des moyens de subsistance et à renforcer le financement des organisations, dirigées par des femmes en première ligne de la réponses. [emb rc apr 15/06/2026 15:10]
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