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Gangs : Le Hcdh réclame un soutien international à la hauteur de la crise multidimensionnelle en Haïti

P-au-P, 24 mars 2026 [AlterPresse] --- La communauté internationale doit intensifier ses efforts pour aider Haïti à retrouver la paix et la sécurité et garantir la tenue d’élections libres et équitables, souligne le Haut-commissariat des Nations unies aux droits humains (Hcdh), dans un nouveau rapport publié le mardi 24 mars 2026, consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

Ces efforts doivent être à la hauteur de la gravité de la crise multidimensionnelle en Haïti, afin de produire un impact immédiat et durable, estime le Hcdh.

Il appelle à renforcer la capacité de la Police nationale d’Haïti (Pnh), notamment par la fourniture de ressources et d’équipements adéquats, afin qu’elle lutte efficacement contre les violences des gangs tout en respectant les droits humains, en particulier le droit à la vie et à l’intégrité physique.

L’agence des Nations unies exhorte également à sécuriser les routes et les bâtiments publics, notamment ceux qui assurent des services essentiels à la population, et à accélérer le processus de vérification des antécédents des policères nationales et policiers nationaux.

Plus de 5 mille morts en moins d’un an

Entre le 1er mars 2025 et le 15 janvier 2026, au moins 5,519 personnes ont été tuées et 2 608 blessées en Haïti.

Les violences des gangs ont causé 1,424 personnes tuées et 790 autres blessées, tandis que les opérations des forces de sécurité ont fait 3,497 personnes tuées et 1,742 autres blessées, précise le nouveau rapport du Hcdh.

Les groupes d’autodéfense ont, de leur côté, provoqué 598 morts et 76 blessés.

L’influence des gangs s’est étendue au-delà de Port-au-Prince en 2025, jusque dans les départemengts de l’Artibonite et du Plateau central, note le document.

Ces groupes criminels ont renforcé leur contrôle sur des axes stratégiques, des voies maritimes et terrestres essentielles à leur financement et à leurs capacités opérationnelles.

Les bandes armées commettent des meurtres, des enlèvements, du trafic d’enfants, des extorsions et des destructions de biens publics et privés.

Certaines victimes, accusées de collaborer avec la police ou de défier leur autorité, ont été exécutées et brûlées.

D’autres, ayant subi des « procès » arbitraires, ont été contraintes de payer des amendes pour être libérées.

Violences sexuelles contre les femmes et filles

Le rapport fait aussi état de violences sexuelles contre les femmes et filles.

Entre mars et décembre 2025, (un nombre de) 1,571 femmes et filles ont été victimes de violences sexuelles, principalement de viols collectifs.

D’autres, y compris des enfants, ont été contraintes à des « relations sentimentales » avec des membres de gangs et soumises à des exploitations et à des abus sexuels prolongés.

Recommandations

Le Hcdh exige que toutes les personnes, impliquées dans des violations des droits humains oudes crimes, soient traduites en justice, conformément aux normes internationales.

Il invite les États membres de l’Onu à accélérer le déploiement de la Force de répression des gangs (Frg) et la mise en place du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti (Banuh), afin de rétablir la sécurité dans le respect du droit international.

Il demande aussi des mesures urgentes pour empêcher le trafic d’armes vers Haïti. Il appelle à renforcer la lutte contre la traite d’enfants et de jeunes par les gangs, en privilégiant la réhabilitation et la réinsertion sociale plutôt que la criminalisation.

Le Hcdh plaide pour la création d’un corps de jeunes, le soutien aux centres de transit pour enfants victimes de traite, ainsi que la mise en place d’un groupe de travail, prévu par le Protocole relatif au transfert, à l’accueil et à la prise en charge des enfants. [emb rc apr 24/03/2026 10:55]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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