P-au-P., 26 avril 2026 [AlterPresse] --- Près de quatre décennies après la chute de la dictature des Duvalier, la mémoire des victimes de Fort Dimanche à Port-au-Prince demeure enfermée dans un cycle d’inachevé et d’impunité. Le 26 avril, qui renvoie à la fois aux massacres de 1963 et aux répressions de 1986, rappelle une histoire où les violences d’État n’ont jamais été pleinement jugées ni reconnues.
Pourtant, en dépit de l’existence d’un arrêté présidentiel instituant le 26 avril comme « Journée nationale du souvenir à la mémoire des victimes de Fort Dimanche », adopté le 21 avril 2015, aucune communication officielle n’était visible dans la matinée de ce 26 avril 2026 sur les principaux réseaux sociaux des autorités gouvernementales, selon les constats effectués par AlterPresse.
Cette journée commémorative visait à inscrire dans la mémoire collective les crimes commis sous le régime de François Duvalier en 1963, ainsi que les violences survenues lors de la transition de 1986, notamment la répression de manifestations devant l’ancien centre de détention de Fort Dimanche.
Ces événements renvoient à un ensemble d’exactions graves, incluant des incendies de maisons avec leurs occupants, des enlèvements d’enfants, des arrestations massives, des cas de torture, des exécutions sommaires et des disparitions forcées, qui continuent de marquer les revendications de justice et de réparation.
L’arrêté de 2015 prévoyait, à cette occasion, la mise en berne du drapeau national ainsi que l’invitation faite aux institutions publiques et privées, aux écoles, organisations sociales, religieuses et commerciales, à observer des moments de recueillement. Les médias étaient également encouragés à adapter leur programmation, une recommandation qui a souvent été peu suivie dans la pratique.
Dans ce contexte, plusieurs organisations de défense des droits humains continuent de plaider pour une reconnaissance plus effective des crimes du passé et la fin de l’impunité. Le Collectif contre l’impunité, entre autres, maintient son action en faveur de la mémoire des victimes et contre toute banalisation des violences commises sous la dictature des Duvalier, de 1957 à 1986, dans un contexte où la justice historique demeure inachevée. [gp apr 26/04/2026 10 :30]
Photo : https://www.cipdh.gob.ar/
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