La Coupe du monde débute ce jeudi 11 juin 2026 au Mexique, un des pays hôtes, avec ses voisins nord-américains, les États-Unis et le Canada. Une compétition avec des enjeux considérables et une ferveur exceptionnelle mais qui suscite certaines interrogations en raison des restrictions migratoires imposées par les États-Unis, qui accueillent la plus grosse part des rencontres.
Par Charilien Jeanvil
P-au-P., 11 juin 2026 [AlterPresse] --- La Coupe du monde masculine de la Fifa s’ouvre ce jeudi 11 juin 2026 au Mexique, pays coorganisateur de cette grand-messe du football mondial aux côtés de ses voisins nord-américains, les États-Unis et le Canada. Pour la première fois de son histoire, la compétition réunit 48 sélections nationales. Au total, 104 rencontres seront disputées, dont la finale prévue le 19 juillet à New York.
Les regards du monde entier se tournent vers Mexico, théâtre de la cérémonie inaugurale et du match d’ouverture opposant El Tri, la sélection mexicaine, à l’Afrique du Sud, dans un remake de l’affiche initiant le Mondial 2010 disputé sur le sol africain.
La première journée du groupe A se poursuivra à Guadalajara avec une confrontation entre l’Asie et l’Europe mettant aux prises la République de Corée et la République tchèque.
Cinquante-deux ans après sa première participation à la Coupe du monde, Haïti retrouve la scène suprême du football mondial.
Les Grenadiers feront leur entrée en lice le samedi 13 juin face à l’Écosse, à Boston, à partir de 21 heures (heure haïtienne). Ils affronteront ensuite le Brésil le 19 juin, puis le Maroc le 24 juin.

Des enjeux considérables
Considérée comme le plus grand événement sportif de la planète, la Coupe du monde rassemble, tous les quatre ans, plusieurs milliards de téléspectateurs et téléspectatrices à travers le globe.
Au-delà de la compétition sportive, elle constitue un moment exceptionnel de communion entre les peuples. Les frontières culturelles, linguistiques ou religieuses semblent disparaître au profit d’une passion commune. Cette célébration universelle du football est devenue un puissant vecteur de rapprochement entre les nations, promouvant des valeurs de respect mutuel, de solidarité et d’unité.
L’impact économique de l’événement est tout aussi remarquable. Les millions de visiteurs et visiteuses qui affluent vers les pays hôtes servent de stimulant pour les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie, de la restauration et des services. Les ventes de produits dérivés associés aux sélections nationales et aux vedettes du tournoi connaissent également une croissance spectaculaire.
Ainsi, le simple ballon rond dépasse largement sa dimension sportive pour devenir un phénomène économique, social et culturel d’envergure mondiale, capable d’influencer l’image internationale et parfois même les perspectives d’avenir d’un pays ou d’un athlète.
La Coupe du monde constitue également une vitrine exceptionnelle pour les nations participantes, qui y exposent leurs richesses culturelles, leurs traditions et leur identité. Elle offre par ailleurs aux jeunes talents une occasion unique de se révéler aux yeux du monde et d’accéder à des opportunités susceptibles de transformer leur destinée ainsi que celle de leurs proches.
Une ferveur exceptionnelle chez les Haïtien.ne.s
Pour les Haïtien.ne.s, cette participation historique suscite un vif enthousiasme. Tout un peuple se mobilise avec l’espoir de voir les Grenadiers briller sur la plus prestigieuse des scènes footballistiques. Cette mobilisation est perceptible aussi bien sur le territoire national qu’au sein de la diaspora.
Le drapeau bicolore est fièrement arboré dans de nombreux espaces publics, tandis que les maillots de la sélection nationale sont remarqués dans tous les coins de rue. Le football s’est imposé comme un sujet central des conversations quotidiennes. Les attentes sont élevées et une grande partie de la population nourrit l’espoir d’un exploit mémorable.
Cette ferveur se retrouve dans la plupart des pays qualifiés pour la compétition. Même aux États-Unis, où le soccer ne bénéficie pas traditionnellement du même engouement que d’autres disciplines sportives, l’intérêt populaire pour Team USA connaît une progression notable. Plus de cinq mille personnes ont ainsi assisté, le 8 juin, à une séance d’entraînement de la sélection américaine au Great Park de Los Angeles.
Les États-Unis accueilleront la majorité des rencontres du tournoi, soit 78 sur 104. Le Canada et le Mexique en organiseront chacun 13.
Une Coupe du monde sous restrictions ?
Malgré son caractère universel, cette édition 2026 est marquée par plusieurs controverses liées notamment aux politiques migratoires américaines.
Divers pays qualifiés pour la compétition éprouvent des difficultés à faire venir certains de leurs supporters et supportrices, membres de leur encadrement ou représentant.e.s officiel.le.s en raison de restrictions de visas imposées par l’administration américaine. Ces mesures, dénoncées par plusieurs organisations internationales, alimentent un débat sur l’accessibilité et l’universalité de l’événement.
Des arbitres et des joueurs issus de certains pays ont également rencontré des obstacles administratifs. Le cas de l’arbitre somalien Omar Artan, refoulé à son arrivée à Miami, a particulièrement retenu l’attention.
La sélection irakienne a, quant à elle, signalé plusieurs difficultés touchant certains membres de sa délégation, tandis que l’Iran a dénoncé des refus de visas visant une partie de son encadrement ainsi que des restrictions affectant ses supporters et supportrices.
Le cas du joueur haïtien Woodensky Pierre illustre également ces contraintes. Unique représentant du championnat national haïtien dans la sélection, il n’a pu rejoindre le regroupement de l’équipe que tardivement après l’obtention de son visa. Ces situations soulèvent des interrogations par rapport au caractère inclusif du football dans un contexte international marqué par des tensions migratoires croissantes.
La Fifa a par ailleurs imposé à Saeta, l’équipementier colombien de la sélection haïtienne, de modifier le maillot des Grenadiers pour le Mondial, évoquant un message politique, à cause de la représentation de la bataille de Vertières, symbole de l’indépendance du pays.
Des billets à des prix prohibitifs ?
Assister à une rencontre de cette Coupe du monde nécessite des moyens financiers conséquents.
Les prix des billets varient considérablement selon les affiches. Les rencontres impliquant les nations les plus populaires atteignent des montants particulièrement élevés sur les plateformes de revente.
Dans l’ensemble, le coût moyen des billets demeure élevé, suscitant des critiques de la part de nombreux supporters et supportrices qui dénoncent une forme d’exclusion économique de certaines catégories de passionnés.
Un rendez-vous inoubliable
Malgré les controverses et la hausse significative des prix, des millions de spectateurs sont attendus dans les stades du Mexique, du Canada et des États-Unis. Des milliards d’autres suivront la compétition à travers les écrans, partageant les émotions et les moments forts de ce rendez-vous planétaire.
Toutefois, au-delà des enjeux sportifs, il importe de rappeler que le football demeure avant tout un jeu, un espace de rencontre et de célébration collective. La passion qu’il suscite ne devrait jamais céder la place à la violence ou à l’intolérance.
Que cette Coupe du monde soit avant tout un moment de plaisir, de fraternité et de paix, où les performances sportives contribueront à rapprocher les gens plutôt qu’à les diviser. [cj gp 11/06/2026 08:50]
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