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États-Unis / Haïti : Neuf ans de prison pour un ancien maire haïtien accusé de violences politiques

Boston (États-Unis), 20 juin 2025 [AlterPresse] – Jean Morose Viliena, ancien maire de la commune haïtienne des Irois (Grande Anse, une partie du Sud-Ouest d’Haïti), a été condamné, ce vendredi 20 juin 2025, à neuf (9) ans de prison par un tribunal fédéral à Boston (États-Unis d’Amérique), selon les informations obtenues par l’agence en ligne AlterPresse.

Il a été reconnu coupable de fraude migratoire, pour avoir obtenu une carte de résident permanent (green card) en dissimulant sa participation présumée à des actes de persécution violente contre des opposants politiques.

Selon un communiqué du Département américain de la justice consulté par AlterPresse, lors de sa demande de visa en 2008, Viliena a affirmé n’avoir jamais été impliqué dans des actes de torture ou d’exécutions extrajudiciaires.

Les procureurs ont, cependant, démontré qu’il avait personnellement ordonné ou commis des actes graves de répression politique, notamment des meurtres, des mutilations et des violences ciblées.

Les faits reprochés remontent à la période où Viliena exerçait comme maire des Irois, entre 2006 et 2010.

En 2007, il aurait conduit un groupe armé au domicile de l’opposant David Boniface. En l’absence de ce dernier, son frère, Eclesiaste Boniface, aurait été battu puis tué.

En 2008, une attaque contre une radio communautaire locale aurait grièvement blessé deux opposants : Juders Yseme, qui a perdu un œil, et Nissage Martyr, amputé d’une jambe et décédé depuis.

Ces victimes avaient déjà saisi la justice américaine en 2017 dans un procès civil, intenté en vertu du Torture Victim Protection Act de 1991.

Ce texte autorise des poursuites aux États-Unis contre des responsables étrangers accusés de torture ou d’exécutions extrajudiciaires, lorsque la justice nationale est défaillante.

En 2023, un jury avait condamné Viliena à verser 15,5 millions de dollars aux plaignants.

À l’époque, Viliena bénéficiait du soutien du Comité de résistance de la Grande Anse, un groupe politique régional accusé de recourir à la violence et à l’intimidation. Il était également proche de l’ex-président haïtien Joseph Michel Martelly.

Malgré plusieurs plaintes déposées en Haïti, aucune procédure judiciaire n’a abouti contre lui.

Le tribunal américain a justifié sa compétence par l’incapacité du système judiciaire haïtien, affecté par la corruption, la politisation et les risques de représailles contre les plaignants.

Résidant à Malden (Massachusetts), où il travaillait comme chauffeur routier au moment de son inculpation, Viliena a nié les accusations. Il prévoit de faire appel de sa condamnation.

Ce jugement illustre le recours à la justice américaine pour lutter contre l’impunité, dans les cas où les institutions haïtiennes sont défaillantes.

En 2006, un précédent avait été établi avec la condamnation, à New York, de l’ex-chef paramilitaire Emmanuel Toto Constant, condamné à verser 19 millions de dollars à des victimes de violences sexuelles. [apr 20/06/2025 18:00]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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