Alors que plus de 300 partis et regroupements politiques ont été enregistrés au bureau central du Conseil électoral provisoire, dans la perspective des prochaines élections en Haïti, certaines structures politiques, dont Konbit travayè peyizan pou libere Ayiti (Kontra pèp la), ont décidé de boycotter la démarche.
Par Charilien Jeanvil
P-au-P, 13 mars 2026 [AlterPresse]--- Le processus d’enregistrement des partis et regroupements politiques, appelés à prendre part aux prochaines élections, s’est achevé le jeudi 12 mars 2026.
Pendant que de nombreuses organisations ont participé à cette initiative, lancée le 2 mars 2026 par le Conseil électoral provisoire (Cep), d’autres structures politiques, dont le parti politique Konbit travayè peyizan pou libere Ayiti (Kontra pèp la), ont décidé de boycotter la démarche, apprend l’agence en ligne AlterPresse.
Joint par AlterPresse, l’ancien sénateur du département des Nippes, Jean William Jeanty, un des dirigeants du parti politique Konbit travayè peyizan pou libere Ayiti (Kontra pèp la), rejette vivement l’initiative du Conseil électoral provisoire.
Il s’agirait d’un simulacre, destiné à renforcer la tutelle exercée sur Haïti et d’un processus susceptible de conduire à une situation catastrophique sur le territoire national. Un pouvoir politique, incapable de garantir la libre circulation des citoyennes et citoyens, ne saurait, en aucune manière, organiser des élections crédibles, estime l’ancien parlementaire.
Le parti politique Kontra pèp la et plusieurs organisations alliées, comme le Mouvman peyizan Papáy (Mpp, Hinche, département du Plateau central) affirment ne pas vouloir s’associer à une démarche qu’ils considèrent comme mettant en péril l’avenir et la souveraineté nationale.
Par ailleurs, le déploiement de la Force de répression des gangs (Frg) est annoncé pour le mois d’avril 2026. Les premiers résultats de ce déploiement international pourraient être observés en septembre 2026, analyse le parti politique Kontra pèp la, qui voit improbable la tenue d’élections en Haïti dès le mois d’août 2026.
Pour la plupart proches de l’équipe politique d’Alix Didier Fils-Aimé, les partis et regroupements politiques, qui sont allés s’inscrire au Cep pour pouvoir participer aux élections générales annoncées, paraissent appiorter leur adhésion au projet du pouvoir politique en place, fustige le parti politique Kontra pèp la.
Inscription des partis non signataires du pacte national
Plusieurs partis politiques, qui n’ont pas apposé leurs signatures au Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections du dimanche 22 février 2026, ont, toutefois, déposé leurs documents auprès du Conseil électoral provisoire.
C’est, notamment, le cas du parti politique Rasanbleman sosyalis pou yon inisyativ nasyonal tou nèf (Rasin kan pèp la).
Le parti politique Rasanbleman sosyalis pou yon inisyativ nasyonal tou nèf (Rasin kan pèp la) ne participera pas aux élections sous l’autorité du gouvernement actuel d’Alix Didier Fils-Aimé, précise l’un de ses dirigeants, Marc Arthur Fils-Aimé, qui intervenait à l’émission FwoteLide, suivi par AlterPresse.
Cette démarche d’inscription de partis et regroupements politiques constitue, avant tout, une étape administrative importante, dans la perspective d’une réforme du mode de gestion politique du pays. Une telle démarche ne saurait être interprétée comme un blanc-seing, accordé au pouvoir actuellement en place, soutient le parti politique (Rasin kan pèp la).
S’interrogeant sur la volonté réelle de l’équipe dirigeante de résoudre la crise sécuritaire, qui sévit dans le pays, le parti politique (Rasin kan pèp la) insiste sur la nécessité de réunir préalablement des conditions sécuritaires, favorables à la tenue d’élections crédibles.
Pour sa part, le parti politique Alternative socialiste (Aso), qui n ;a pas non plus signé, ni adhéré au « Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections », s’est, lui aussi, enregistré auprès du Cep.
Cependant, cette démarche vise surtout à éviter toute exclusion future du processus électora. Elle lne signifie pas qu’il participera nécessairement aux élections, affirme le Dr. Jean Hénold Buteau, intervenant à l’émission FwoteLide sur AlterRadio, suivie par AlterPresse.
Les conditions ne sont pas réunies pour le déroulement d’élections aujourd’hui en Haïti, met en garde le parti politique Alternative socialiste, qui dit se réserver le droit de participer aux élections, lorsque les conditions seront jugées favorables.
Le Conseil électroral provisoire accomplit, avant tout, des obligations administratives, en procédant à certaines mises en place, sans aucune garantie de pouvoir organiser de scrutins aux dates envisagées, relève le parti politique Aso, qui juge peu probable la tenue d’élections en août 2026.
Il n’y a aucune volonté réelle du pouvoir en place de résoudre la crise sécuritaire, perçoit le pati politique Alternative socialiste, soulignant l’absence de changements significatifs sur le terrain, alors qu’Alix Didier Fils-Aimé est en fonction depuis quinze mois (depuis le 11 novembre 2024).
Le part politique Aso dit craindre « une instrumentalisation à des fins politiques » de la sécurité publique nationale .
Le parti politique Fusion des sociaux-démocrates haïtiens (Fusion), lui aussi non signataire du pacte, s’est également enregistré auprès du Cep, a confirmé sa représentante Edmonde Supplice Beauzile à AlterPresse.
Cette démarche ne saurait être interprétée comme un soutien à la gestion du pouvoir actuel, ni à l’organisation du processus électoral, tient à préciser le parti politique Fusion.
« Se retirer du processus reviendrait à abandonner, à d’autres forces, le droit du peuple haïtien de décider de son avenir. La démocratie ne se construit, ni dans l’abstention, ni dans le retrait, mais dans un engagement lucide, responsable et vigilant », indique une note du parti politique Fusion, transmise à AlterPresse,
Comme plusieurs autres formations politiques, le parti politique Fusion déclare conditionner sa participation aux prochaines élections à l’existence d’un environnement sécuritaire acceptable, sur l’ensemble du territoire national.
Plus de 300 partis politiques enregistrés
Entre les lundi 2 et jeudi 12 mars 2026, plus de 300 partis et regroupements politiques ont été enregistrés au bureau central du Conseil électoral provisoire, à Pétionville, dans la perspective des prochaines élections en Haïti, observe AlterPresse.
Parmi les formations inscrites, figurent notamment les partis politiques Fanmi Lavalas, les Engagés pour le développement (Ede), l’Alliance pour une société sans exclusion (Ase), Renmen Ayiti ainsi que le Collectif des acteurs haïtiens pour le développement et l’organisation alternative (Cahdoa) anciennement Coalition des anciens députés de l’opposition et alliés (Cadoa) au moment de sa création en juillet 2020.
Le jeudi 26 mars 2026 est la date retenue pour la publication de la liste officielle des partis et regroupements politiques, agréés pour participer aux prochaines élections, a promis le président du Cep, Jacques Desrosiers, qui intervenait à l’émission FwoteLide sur AlterRdio.
Vers l’inscription des électfrices et électeurs
Afin de participer aux prochaines échéances électorales, les électrices et électeurs sont invités à s ;inscrire, munies et munis de leurs Cartes d’identification nationale (Cin), entre le jeudi 2 avril 2026 et le lendi 29 juin 2026, en indiquant où elles et ils comptent voter, selon Jacques Desrosiers
Le dépôt des candidatures est prévu du lundi 13 avril au vendredi 15 mai 2026, selon le calendrier électoral du Cep.
Entre-temps, le Cep affirme poursuivre les séances de formation des membres des Bureaux électoraux départementaux (Bed) et des Bureaux électoraux communaux (Bec) dans plusieurs départements géographiques, dans le but de renforcer leur compréhension du système électoral haïtien.
L’institution procède également à la mise à jour de la liste des centres de vote.
Le président du Cep encourage la population à participer activement au processus électoral, tout en appelant les candidates et candidats à privilégier un climat politique pacifique.
Selon le calendrier établi par l’institution électorale, le premier tour de l’élection présidentielle et des législatives est prévu pour le dimanche 30 août 2026. Le processus devrait s’achever le 20 janvier 2027, avec l’élection d’un nouveau président et la mise en place d’un nouveau parlement.
Jacques Desrosiers a, toutefois, rappelé combien le rétablissement de conditions sécuritaires acceptables demeure une condition indispensable au respect du calendrier électoral, publié en 2025.
Une grande partie du territoire haïtien reste en effet confrontée à une forte criminalité, marquée notamment par lla terreur et d’autres violences de gangs terroristes armés et les enlèvements, particulièrement dans les départements de l’Artibonite, du Plateau central et de l’Ouest, où se trouve la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, un ensemble de zones stratégiques pour l’organisation des élections. [cj rc apr 13/03/2026 15:00]
Suivez-nous – Abonnez-vous
MÉMOIRE D’ALTERPRESSE
Depuis 2001
-
Haïti-Météo : Situation d’urgence nationale non déclarée 2 septembre 2008




