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Droits humains : Le Rnddh déplore les conditions de vie préoccupantes dans de nombreux sites de personnes déplacées en Haïti

Par Emmanuel Marino Bruno

P-au-P, 13 janv. 2025 [AlterPresse] --- Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) alerte sur les conditions de vie infrahumaines et préoccupantes de milliers de personnes déplacées dans de nombreux sites, situés dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite, à l’occasion du 15e anniversaire, le dimanche 12 janvier 2025, du tremblement de terre dévastateur du mardi 12 janvier 2010 ayant fait environ 300 mille morts et d’innombrables dégâts, dans un rapport dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Les résidentes et résidents dans plusieurs sites d’accueil vivent dans l’insalubrité, à cause d’une absence de nettoyage des espaces occupés, malgré les efforts des organisations privées ou non gouvernementales, qui tentent de les aider à assainir les espaces occupés.

« Même pour les sites nettoyés, la collecte des détritus n’est pas régulière. Ce qui rend encore plus insalubres les espaces et favorisent la multiplication des rongeurs et des insectes de toutes sortes, dans les sites ».

« L’accès à des fosses d’aisance propres et sécurisés n’est pas assuré à toutes les personnes déplacées. De même, les espaces pour le bain ne sont pas disponibles dans tous les camps. Dans d’autres, leur disposition présente un danger pour les femmes et les filles, qui ne peuvent pas les fréquenter la nuit », relève le Rnddh dans son rapport d’enquête couvrant 59 sites d’accueil de personnes déplacées.

Actuellement, au début de l’année 2025, Haïti compte au moins 117 sites d’accueil de personnes déplacées, localisés dans huit (8) communes des départements de l’Ouest et de l’Artibonite, souligne le Rnddh, citant les données combinées de la protection civile et du réseau.

Ces espaces accueillent plus de 150 mille personnes, dont 29 mille 988 mineures et mineurs, soit 20% de la population des personnes déplacées.

Le Rnddh critique l’irresponsabilité de l’État haïtien, qui ne prend pas en charge les difficultés d’accès à l’eau potable et à l’eau de service.

« Dans 39% des sites monitorés, les personnes déplacées n’ont pas accès à l’eau potable, contre 59% qui peuvent l’acheter ou qui la reçoivent en don. De même, les personnes déplacées de 63% des sites monitorés n’ont pas accès à l’eau de service domestique contre 35 % ».

Sur le plan de la santé, l’État haïtien n’intervient que dans certains des sites d’accueil, en abandonnant les autres à leur sort ou aux organisations privées ou non gouvernementales, signale le Rnddh.

Le Réseau national de defense des droits humains note une absence de programmes de soins de santé dans 15% des sites monitorés.

« Des programmes d’octroi de soins de santé sont mis en œuvre par l’État haïtien dans seulement 44 % des sites monitorés. Dans 41 % des autres sites, les personnes déplacées comptent sur des organisations privées ou non gouvernementales ».

Plusieurs personnes, présentant des signes visibles de problèmes de santé physique ou qui s’en plaignent, ont été dénombrées dans 93% des sites monitorés.

« Dans 41% des sites monitorés, des personnes, présentant des signes de problème de santé mentale, ont aussi été recensées, contre 59% qui n’ont rien mentionné à ce sujet ».

L’organisme de défense des droits humains fait remarquer combien la sécurité des personnes déplacées ne constitue pas une priorité pour les autorités étatiques.

Des actes de violences, comme bagarres suivies de coups et blessures, vols, injures, troubles à l’ordre public, violences sexuelles, violences physiques et sexistes à l’égard des femmes et des filles, ont été enregistrés dans 73% des espaces monitorés contre 27% qui n’en ont jamais connus, jusqu’à date.

Le rapport du Rnddh fait état de « la vulnérabilité et du dénuement, dans lesquels vivent les personnes déplacées, dont l’existence est rythmée par les intempéries, qui les forcent à passer la nuit sans dormir, et par les attaques de gangs armés, qui souvent les poussent à se réfugier ailleurs ».

« Les enfants, les personnes du troisième âge ainsi que les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes vivant avec une déficience motrice ou sensorielle, souffrent encore plus de cette situation de vulnérabilité et de dénuement ».

Le Rnddh recommande aux autorités étatiques de prendre en charge toutes les personnes déplacées et de mieux coordonner l’aide humanitaire, offerte par les organisations privées et non gouvernementales.

Il invite les organisations privées et non gouvernementales à contacter obligatoirement les responsables de comités de camps, en vue de s’enquérir des besoins réels de la population des personnes déplacées.

Traiter les personnes déplacées dans le respect de leur dignité humaine et de leurs droits fondamentaux à la santé, à l’alimentation, à l’éducation et à un environnement sain et tout mettre en œuvre, en vue d’assurer la sécurité des personnes vivant dans les sites d’accueil de personnes déplacées, figurent parmi les recommandations du Rnddh.

Il encourage aussi la police communautaire à prendre le contrôle de ces espaces, investir dans la sécurité, en procurant aux forces de l’ordre le matériel et les équipements policiers et militaires, dont elles ont besoin, pour rétablir la paix et la sécurité en Haïti. [emb rc apr 13/01/2025 14:00]

Photos : Réseau national de défense des droits humains (Rnddh)

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