P-au-P, 06 mars 2026 [AlterPresse] --- Le Collège national des ingénieurs et architectes haïtiens (Cniah), tire la sonnette d’alarme sur le non-respect des normes de construction en Haïti, à l’occasion du 4 mars, Journée mondiale de l’ingénierie pour le développement durable, proclamée par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco).
Haïti dispose, depuis l’année 2025, d’un nouveau Code national du bâtiment (Cnbh), succédant à celui de l’année 2012 adopté après le tremblement de terre dévastateur du mardi 12 janvier 2010, qui avait causé plus de 250,000 morts, 300,000 personnes blessées et d’énormes dégâts matériels, a rappelé le président du comité de direction du Collège national des ingénieurs et architectes haïtiens, Alex Lorquet, invité à l’émission FwoteLide sur AlterRadio 106.1 fm, suivie par AlterPresse.
« Nous avons un nouveau code, qui doit être intégré dans un contexte d’urbanisation accélérée et de crise énergétique. Des dispositions ont été prises pour aider le ministère concerné à le promouvoir », a-t-il déclaré.
Le Cniah déplore, toutefois, l’absence de l’État dans l’application des règles.
« Haïti fait face à un véritable problème d’irrespect des normes. L’État est souvent absent, alors qu’un chantier de construction exige précision et contrôle ».
Le Cniah plaide pour un engagement accru des autorités publiques, notamment en renforçant les pouvoirs des collectivités territoriales afin de mieux encadrer les projets.
« Nous sommes souvent disposés à les accompagner, mais nos propositions restent sans réponse », regrette-t-il.
La vente de terrains se fait fréquemment sans planification, favorisant un développement désordonné des villes. Au-delà des normes, le Cniah attire l’attention sur les défis liés à l’urbanisation.
« Quand une ville se développe de manière sauvage, nous allons tout droit vers d’autres catastrophes sociales. Il faut des personnes capables de penser le développement urbain, pour limiter les dégâts », insiste-t-il.
Malgré ces difficultés, le Cniah dit garder espoir.
L’organisation conduit régulièrement des actions de sensibilisation auprès des étudiantes finissantes et étudiants finissants des facultés de génie, afin de leur transmettre les règles de construction et les principes d’urbanisme.
« Notre mission est aussi de former et d’encadrer la nouvelle génération d’ingénieur.e.s, pour qu’elle contribue à un développement plus sûr et plus durable du pays ».
À l’occasion du 4 mars, Journée mondiale de l’ingénierie pour le développement durable, le Cniah a organisé une série d’activités autour de plusieurs enjeux majeurs liés au développement du pays.
Les discussions ont porté sur la normalisation, la sécurité et la résilience des infrastructures, ainsi que sur la sécurité sur les chantiers, la gestion de l’énergie et l’urbanisme. [mff emb rc apr 06/03/2026 11:25]
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