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Deux semaines après le début du procès de Miami : Le meurtre de Jovenel Moïse sous les projecteurs

P-au-P, 27 mars 2026 [AlterPresse] --- Deux semaines après le début du procès fédéral à Miami contre quatre hommes accusés d’avoir conspiré pour assassiner l’ancien président haïtien Jovenel Moïse, les témoignages et preuves présentés révèlent à la fois la violence extrême de l’attaque, les limites de l’enquête et les enjeux politiques qui continuent de peser sur Haïti.

C’est ce qui ressort des premières audiences, à travers les témoignages et les éléments d’enquête exposés devant le tribunal, selon des médias américains consultés par AlterPresse.

Martine Moïse, veuve du président, a décrit de manière saisissante comment elle a été blessée lors de l’attaque de sa maison le 7 juillet 2021, racontant qu’elle et son mari ont tenté de se protéger sous leur lit pendant que des hommes armés, majoritairement des mercenaires colombiens, ont ouvert le feu.

Elle a également accusé l’ancien président Michel Martelly et l’ancien Premier ministre Ariel Henry d’avoir des liens avec le meurtre, affirmant avoir déposé une plainte contre Henry et que les auteurs présumés sont désormais au pouvoir en Haïti.

Sa fille, Jomarlie Moïse, a confirmé la présence de 30 à 50 agents de sécurité autour de la maison et décrit comment elle et son frère se sont cachés dans une salle de bain avec le chien familial pendant l’attaque. Aucun membre de la sécurité n’a été blessé ou tué, ce qui soulève des questions sur l’efficacité des protections de la famille.

Les témoignages des agents du Federal Bureau of Investigation (FBI), notamment Martin Suarez et Jose Loureiro, ont mis en lumière les limites de l’enquête américaine  : la scène du crime n’a pas été fouillée en détail pour les empreintes ou l’ADN, et plus de quarante objets saisis n’ont pas été analysés.

Les agents ont expliqué qu’ils s’étaient concentrés sur les mercenaires colombiens identifiés, laissant de côté d’autres pistes possibles, y compris les ennemis politiques du président.

Le procès oppose quatre hommes de Floride et du Venezuela : Arcángel Pretel Ortiz, Antonio Intriago, James Solages et Walter Veintemilla, accusés d’avoir recruté la vingtaine de mercenaires pour tuer Moïse et obtenir ensuite des contrats gouvernementaux en Haïti.

La défense conteste ces accusations, affirmant que les mercenaires ne faisaient que soutenir une arrestation légale, et qu’il existe des incohérences dans les témoignages, notamment ceux de Martine Moïse.

Depuis l’assassinat, aucun président n’a été élu en Haïti, qui reste plongée dans une instabilité politique et sécuritaire extrême.

Les procureurs fédéraux mettent en avant le rôle central de la Floride dans la planification du complot, tandis que la défense tente de souligner les lacunes de l’enquête américaine et haïtienne.

Le procès doit encore accueillir de nombreux témoins, dont des experts médico-légaux et des anciens collaborateurs des mercenaires, tandis que le tribunal tente de gérer le volume massif de preuves numériques et de messages texte extraits des téléphones des accusés.

À ce jour, cinq personnes ont plaidé coupable et ont été condamnées à la prison à vie, tandis qu’une sixième a écopé de neuf ans pour avoir fourni des gilets pare-balles.

Au total, 11 personnes sont poursuivies aux États-Unis et 20 autres, dont 17 Colombiens et trois responsables haïtiens, attendent d’être jugées en Haïti, où aucune condamnation n’a encore été prononcée dans le cadre de cette enquête. [apr 27/03/2026 22 :00]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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