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Crise : Un projet de résolution des États-Unis prochainement devant l’Onu pour autoriser une mission de police dirigée par le Kenya en Haïti

P-au-P., 02 août 2023 [AlterPresse] --- Le gouvernement des États-Unis d’Amérique présentera prochainement un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) pour appuyer la décision du gouvernement du Kenya de diriger une force de police multinationale, devant aider à combattre les gangs armés, a annoncé, le mardi 1er août 2023, l’ambassadrice américaine à l’Onu, Linda Thomas-Greenfield, dont les propos sont rapportés par Associated Press (Ap), consultée par l’agence en ligne AlterPresse.

« Nous (les États-Unis) saluons la décision du Kenya de diriger la force multinationale et nous travaillerons sur une résolution pour soutenir cet effort », a déclaré Linda Thomas-Greenfield en conférence de presse.

Aucune précision n’a encore été donnée sur la date de la présentation du projet de résolution.

Les États-Unis travailleront avec d’autres membres du Conseil de securite de l’Onu sur une résolution, « qui donnera aux Kenyans ce dont ils ont besoin pour établir leur présence en Haïti », ajoute-t-elle.

Linda Thomas-Greenfield n’a évoqué aucun calendrier relatif à la présentation de ce projet de résolution.

Elle a, toutefois, exprimé l’espoir que cette résolution sera adoptée à l’unanimité, comme l’ont été les deux dernières résolutions sur Haïti.

Une proposition, visant la mobilisation de cette force internationale, devrait être soumise d’ici le lundi 14 août 2023 selon la résolution 2692 (2023), adoptée à l’unanimité (le 14 juillet 2023) après une concertation avec le gouvernement de facto, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh) et le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu), le Portugais Antonio Guterres.

La situation d’Haïti est « inhabituelle, mais ce qui se passe en Haïti est inhabituel », a souligné la diplomate américaine Linda Thomas-Greenfield.

« Ce n’est pas une force de maintien de la paix traditionnelle. Ce n’est pas une situation de sécurité traditionnelle. Nous avons des gangs qui ont envahi le pays (...), qui terrorisent les civils chaque jour ».

« C’est vraiment une action de police pour stabiliser le pays, afin que le pays puisse reprendre le chemin de la démocratie, qu’ils puissent avancer avec un processus politique, qui conduira à un gouvernement stable qui sera en mesure de faire face avec la situation future », insiste Linda Thomas-Greenfield.

Les Bahamas emboîtent le pas au Kenya

Dans un communiqué, publié le mardi 1er août 2023 et relayé par l’agence Reuters, le ministère des affaires étrangères de l’archipel des Bahamas a salué la décision du Kenya de vouloir diriger une force internationale en Haïti, en attendant le feu vert du Conseil de sécurité de l’Onu.

« Les Bahamas ont engagé 150 personnes à soutenir la force multinationale, une fois autorisée par le Conseil de sécurité des Nations Unies », lit-on dans le communiqué du ministère des affaires étrangères des Bahamas.

« Les Bahamas se réjouissent de travailler avec le Kenya et d’autres partenaires en Haïti, pour contribuer aux efforts visant à instaurer la paix et la stabilité ».

Entre-temps, les pourparlers se multiplient entre le gouvernement de facto en Haïti et les autorités kényanes sur l’opérationnalisation de cette décision, adoptée par le gouvernement kényan, le samedi 29 juillet 2023.

Une mission de reconnaissance et d’évaluation en Haïti a été l’un des sujets de discussion, le mardi 1er août 2023, entre le premier ministre de facto haïtien Ariel Henry et le président du Kenya, William Ruto » (William Ruto est président de la république du Kenya depuis le 13 septembre 2022, après avoir été vice-président comme colistier d’Uhuru Kenyatta, de 2013 à 2022).

Ariel Henry dit avoir eu « une conversation cordiale et fructueuse » avec William Ruto.

« Au nom du peuple haïtien, j’ai saisi l’occasion pour remercier le président et le peuple kényan pour cette manifestation de solidarité fraternelle, en se disant prêt à assurer le commandement d’une force multinationale mandatée par l’Onu, en vue de rétablir la sécurité en Haïti », a écrit le premier ministre de facto Ariel Henry sur Twitter.

Le vendredi 7 octobre 2022, Ariel Henry a lancé un appel urgent pour « le déploiement immédiat d’une force armée spécialisée, en quantité suffisante » pour arrêter les gangs armés.

Le secrétaire général de l’Onu, le Portugais Antonio Guterres, a souhaité qu’une nation pilote aide à rétablir l’ordre en Haïti, le pays le plus pauvre d’Amérique latine.

Plus de neuf mois plus tard, c’est le Kenya qui a été le premier pays à manifester la volonté de diriger une force, en proposant d’envoyer 1,000 policiers pour aider à former et aider la Police nationale d’Haïti à « rétablir la normalité dans le pays et à protéger les installations stratégiques ».

Le gouvernement kenyan prévoyait d’envoyer un groupe de travail en Haïti, dans les prochaines semaines, pour évaluer les besoins opérationnels de la mission de police, a informé le ministère kenyan des affaires étrangères, le samedi 29 juillet 2023. [ppsf emb rc apr 02/08/2023 12:55]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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