P-au-P, 04 juil. 2023 [AlterPresse] --- Le Bureau des avocats internationaux (Bai) critique ce qu’il qualifie de diverses manœuvres du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu), le Portugais Antonio Guterres, visant à renforcer la suprématie américaine en Haïti, dans une interview accordée à la plateforme AlterPresse/AlterRadio.
La visite en Haïti d’Antonio Guterres, le samedi 1er juillet 2023, s’inscrirait dans l’optique de renforcer, sur le territoire national, la suprématie des pays impérialistes, notamment des États-Unis d’Amérique, dénonce le Bai.
La preuve est que le chef de l’Onu demande sans cesse l’envoi d’une force étrangère en Haïti, avance le responsable du Bai, l’avocat Mario Joseph.
Antonio Guterres ne connait pas bien la réalité que vit la population en Haïti, qui continue d’être ravagée par la résurgence du choléra depuis début octobre 2022, souligne le Bai.
522 décès institutionnels dus au choléra et 243 autres dans les communautés ont été enregistrés de début octobre 2022 au vendredi 23 juin 2023, selon un bilan du Ministère de la santé publique et de la population (Mspp).
Environ 51 mille cas suspects de choléra ont été signalés.
Lors de sa visite, le samedi 1er juillet 2023, en Haïti, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu) a souhaité un « plein » appui de la communauté internationale à Haïti en proie à une crise multidimensionnelle.
Il appelle la communauté internationale à être prête à donner suivi à la décision du Conseil de sécurité, consistant à autoriser le déploiement immédiat d’une force de sécurité internationale robuste, qui viendrait assister la Police nationale d’Haïti (Pnh) dans la lutte contre les gangs armés.
Alors qu’en Haïti, le gouvernement de facto fait appel à des forces étrangères, les autorités au Mali ont contraint l’Onu à retirer dans leur pays sa Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma), fait remarquer le Bai.
Le Conseil de sécurité de l’Onu s’est réuni, le vendredi 30 juin 2023, dans le contexte de l’expiration de la résolution 2640 (2022) mandatant la Minusma.
Prenant en considération la lettre du gouvernement de transition du Mali, qui lui a été adressée pour demander le retrait sans délai de la Minusma, le Conseil de sécurité de l’Onu a décidé de mettre fin, à compter du 30 juin 2023, au mandat de la Minusma au titre de la résolution 2640 (2022).
La résolution 2690 (2023), adoptée par le Conseil de sécurité de l’Onu, demande à la Minusma de commencer immédiatement, à compter du 1er juillet 2023, la cessation de ses opérations, le transfert de ses tâches, ainsi que la réduction et le retrait de son personnel avec l’objectif d’achever ce processus d’ici au 31 décembre 2023.
Haïti aurait fait marche arrière quand le gouvernement de facto avait décidé, le 7 octobre 2022, de solliciter une intervention militaire étrangère auprès de la communauté internationale, fustige le Bai.
Dans la soirée du jeudi 6 octobre 2022, le premier ministre de facto Ariel Henry et ses ministres ont convenu, dans une résolution, d’un « déploiement immédiat » d’une force étrangère spécialisée armée en Haïti pour les aider à lutter contre les gangs armés.
Le Bureau des avocats internationaux souligne combien le trafic d’armes en provenance des États-Unis alimente les gangs armés dans le pays.
Il appelle le Conseil de sécurité de l’Onu à pénaliser les États-Unis pour le trafic d’armes et de munitions en Haïti.
Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu, le mercredi 26 avril 2023, la Fédération de Russie et la Chine avaient indexé les États-Unis d’Amérique dans les flux illégaux d’armes alimentant la violence en Haïti. [emb rc apr 04/07/2023 10:40]
Photo : Page Facebook du BAI
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