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Crise : La Pohdh exige de meilleurs accompagnements pour les familles déplacées en Haïti

Par Emmanuel Marino Bruno

P-au-P, 22 juillet 2025 [AlterPresse] --- La Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (Pohdh) réclame de meilleurs accompagnements pour les familles déplacées visant dans des conditions précaires dans les camps en Haïti, dans un rapport couvrant la période de janvier à juin 2025, transmis à l’agence en ligne AlterPresse.

La Pohdh dénonce les promesses non tenues de l’Etat en faveur des familles déplacées et l’utilisation de leur situation à des fins politiques.

Durant les six premiers mois de l’année 2025, 250 mille personnes ont été contraintes de se déplacer. Ce qui traduit une augmentation de plus d’une centaine des sites de personnes déplacées, estime la Pohdh,

240 sites de déplacements forcés ont été repérés en Haïti, avec une forte concentration dans la capitale, Port-au-Prince, et le département de l’Ouest.

Inadaptées à un usage prolongé, les établissements scolaires, les bureaux de l’administration publique, les terrains abandonnés et autres institutions servant de refuge aux personnes déplacées, sont surpeuplés et insalubres, relève le regroupement d’organisations haïtiennes de défense des droits humains.

« Sur ces sites, les conditions de vie sont extrêmement précaires. Les espaces sont surpeuplés, sans intimité ni sécurité. L’alimentation est déséquilibrée et, dans certains cas, totalement absente, exposant les plus vulnérables, notamment les enfants et les personnes âgées, au risque de malnutrition », décrit la Pohdh.

La Pohdh signale une insuffisance de l’approvisionnement en eau potable, rendant difficile le respect des pratiques d’hygiène de base.

De plus, les infrastructures sanitaires déficientes favorisent la propagation de maladies, comme plusieurs cas d’infections et de maladies hydriques dans certains camps, y compris des cas confirmés de choléra.

La situation sécuritaire reste instable dans certains camps de personnes déplacées, dont plusieurs sont situés dans des zones encore considérées à hauts risques, exposées à d’éventuelles attaques armées ou à des représailles.

La Pohdh souligne combien ces facteurs, combinés à un manque d’accès à des services de santé, d’accompagnement psychosocial et de soutien, renforcent la vulnérabilité des personnes déplacées et compromettent la jouissance effective de leurs droits humains.

Elle recommande de diligenter des actions pertinentes, afin de faciliter un meilleur accès aux soins à la population en généra,l mais aux communautés victimes et traumatisées en particulier.

Selon un rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits humains (Hcdh), au moins 3,141 personnes ont été tuées entre les 1er janvier et 30 juin 2025, en raison notamment de la terreur et d’autres violences des gangs.

Haïti compte actuellement environ 1,3 million de Personnes déplacées internes (Pdi), avec une majorité de femmes et d’enfants.

Vers une relocalisation des Personnes déplacées internes (Pdi)

Lors d’une activité organisée le mardi 22 juillet 2025, le gouvernement, via l’ l’Office national de la migration (Onm) déclare intensifier un programme national de relocalisation des Personnes déplacées internes (Pdi), en vue de libérer les sites occupés et de restaurer les espaces publics, dans le respect de la dignité humaine.

Le directeur général de l’Onm, Jean Négot Bonheur Delva, a annoncé la distribution de 3,653 chèques aux familles qui quitteraient volontairement les sites d’hébergement d’urgence, d’ici le jeudi 31 juillet 2025.

Des mesures de sécurité strictes encadrent ce processus, avec l’appui de la Banque de la République Haïti (Brh) et de la Banque nationale de crédit (Bnc).

La remise des anciens locaux de la Faculté de linguistique appliquée (Fla) au rectorat de l’Université d’État d’Haïti (Rueh) devrait avoir lieu ce mardi 22 juillet 2025, après le départ volontaire des Personnes déplacées internes (Pdi) et la distribution de 302 chèques.

Depuis octobre 2024, 17 sites de Pdi ont été recensés, accueillant près de 23,000 personnes réparties en 10,000 ménages, selon le gouvernement qui prévoit la réhabilitation des bâtiments publics libérés avant la prochaine rentrée académique scolaire 2025-2026.

Tout en réaffirmant sa volonté d’assurer une réponse humanitaire responsable, solidaire et conforme aux droits fondamentaux, le gouvernement promet, de nouveau, de rétablir l’autorité publique et la sécurité territoriale. [emb rc apr 23/072025 14 :45]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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