Español English French Kreyòl

Español English French Kreyòl

Crise : L’organisation Tèt kole ti peyizan déplore l’absence de perspectives de changement en Haïti

Nord-Ouest (Haïti), 10 juin 2025 [AlterPresse] — La branche dans le Nord-Ouest de l’organisation paysanne Tèt kole ti peyizan exprime ses inquiétudes quant à l’absence de progrès visibles dans la situation en Haïti, à l’émission FwoteLide sur AlterRadio, suivie par AlterPresse.

Les autorités de la transition n’ont pris aucune mesure concrète, qui témoignerait d’une réelle volonté de lutter contre la criminalité croissante dans le pays, fustige Pierre Joseph, membre de la coordination nationale de Tèt kole ti peyizan.

« Même si des bandits sont tués, aucune action n’est menée contre les principales personnalités impliquées dans le trafic d’armes et de munitions en provenance de la République Dominicaine vers Haïti ».

Ce qui fait que les gangs continuent d’imposer leur loi sur le territoire national.

Jusqu’à aujourd’hui, le Conseil présidentiel de transition (Cpt) n’a pas pu permettre aux victimes, contraintes de se déplacer à cause des violences des gangs, de retourner chez elles, regrette l’organisation paysanne Tèt kole ti peyizan.

Elle déplore également un manque de programmes d’apaisement social en faveur des personnes déplacées, alors que plus de 300 millions de gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 135.00 gourdes ; 1 euro = 150.00 gourdes ; 1 dollar canadien = 96.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.40 gourdes aujourd’hui) ont été décaissées dans le cadre dela célébration du 222e anniversaire du bicolore national bleu et rouge, le dimanche 18 mai 2025.

Depuis 2023, plus d’un million de personnes ont été contraintes de se déplacer en Haïti à cause de la terreur et d’autres violences des gangs, selon les données fournies le mardi 14 janvier 2025 par l’Organisation internationale pour les migrations (Oim).

En un mois, le nombre de sites, accueillant des personnes déplacées internes en Haïti, a presque doublé, passant de 119 en mars 2025 à 228 en avril 2025, a-t-elle alerté, dans un décompte rendu public le 31 mai 2025.

Cette hausse serait liée à la montée des violences armées, notamment dans le Plateau central et l’Artibonite (Nord) où les gangs continuent de semer la terreur.

Par ailleurs, l’organisation Tèt Kole Ti Peyizan reproche aux autorités haïtiennes leur inaction face aux mauvais traitements, subis par les compatriotes en République Dominicaine.

Des femmes enceintes et allaitantes sont de plus en plus victimes de traitements brutaux, par les autorités de la République Dominicaine, qui continuent d’expulser, massivement et dans des conditions précaires, des milliers de ressortissantes et ressortissants haïtiens vers leur pays, a condamné le Service jésuite aux migrant.e.s (Sjm-Haïti), dans un rapport couvrant la période du mardi 1er avril au vendredi 30 mai 2025.

Ces expulsions « inhumaines » d’Haïtiennes et d’Haïtiens provoquent la séparation des familles, la vulnérabilité accrue des enfants, tout en aggravant la situation humanitaire à la frontière entre les deux pays, s’est insurgé le Sjm-Haïti.

De janvier à mai 2025, (un nombre de) 143 mille 251 migrantes et migrants ont été expulsé-e-s vers Haïti, a indiqué la Direction générale dominicaine des migrations (Dgm), dans une note.

L’organisation paysanne Tèt kole ti peyizan appelle la population, notamment toutes les forces vives de la nation, à s’organiser pour exiger le départ de l’équipe au pouvoir et imprimer au pays une autre direction politique. [emb rc apr 10/06/2025 12:14]

Photo : Site de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim)

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


Depuis 2001

Explorer toutes les archives