P-au-P., 19 janv. 2024 [AlterPresse] --- L’Organisation internationale de la francophonie (Oif) estime nécessaire « une collaboration concertée pour mettre en place une action urgente et efficace en faveur du peuple haïtien », face à l’ampleur de la crise en Haïti, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.
« L’Oif reste déterminée à jouer pleinement sa partition dans la chaîne de solidarité internationale, dont le renforcement est plus que jamais urgent afin de trouver une solution rapide à cette grave crise multidimensionnelle, à la fois politique, institutionnelle, sécuritaire, économique, sociale et humanitaire », réaffirme « avec force » la secrétaire générale de la francophonie, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, lors de la quatrième réunion, le jeudi 18 janvier 2024, du comité ad hoc consultatif restreint de l’Oif sur la situation en Haïti.
Elle a tenu à saluer en particulier, l’adoption, le lundi 2 octobre 2023, par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu), de la résolution 2699 autorisant le déploiement, en Haïti, d’une Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas).
« En dépit de ces nombreux efforts, les perspectives de sortie de crise en Haïti semblent toujours lointaines. Ne soyons pas trop frustrés, restons aux côtés d’Haïti », dit-elle.
La Mmas « constitue une avancée significative dans l’engagement collectif à œuvrer en faveur d’une nécessaire paix, de la sécurité et de la stabilité en Haïti », considère Louise Mushikiwabo.
Les défis liés à la sécurité, la transition politique et au développement socioéconomique du pays doivent être relevés quasiment simultanément, préconise-elle, tout en lançant un appel à une mobilisation « encore plus accrue » des États et gouvernements membres de l’Oif en faveur d’Haïti.
« Un appel pressant a été lancé par l’ensemble des représentants présents en faveur d’une mobilisation collective en soutien à la Mmas, visant à répondre, de manière rapide et efficace, aux besoins urgents en matière de sécurité et d’assistance humanitaire à Haïti », selon un communiqué de l’Oif.
« Des annonces et promesses de contributions ont été faites par les représentants des États et gouvernements présents, dont la France, le Canada, le Québec, le Bénin et d’autres, ainsi que d’États non-membres, invités pour l’occasion, tels que le Japon, le Brésil et les États-Unis d’Amérique, pour contribuer à une sécurisation des populations haïtiennes et favoriser un processus démocratique vers une sortie de crise ».
La rencontre de l’Oif du jeudi 18 janvier 2024 a réuni les représentants des États et gouvernements membres de la Francophonie, dont Haïti, membre fondatrice de la Francophonie, représentée par la titulaire de facto du Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), Emmelie Prophète Milcé.
Les États-Unis d’Amérique, acteurs clés, étaient également représentés par l’ancienne ambassadrice étasunienne (2017 - 2021) en Haïti, Michèle Jeanne Sison, sous-secrétaire d’État (depuis l’année 2021) aux organisations internationales au département d’État des États-Unis.
Lançant un appel à la communauté internationale pour soutenir la Mmas, Sison a souligné l’urgence d’aider Haïti face à la criminalité.
Elle rappelle également l’urgence d’une transition démocratique nécessaire.
De son côté, Emmelie Prophète Milcé a dénoncé l’impact des actes des groupes criminels sur la vie quotidienne des Haïtiennes et Haïtiens.
« La sécurité en Haïti est un défi majeur », relève-t-elle, tout en exposant les déficits en effectifs et matériels des forces de l’ordre.
Elle a insisté sur l’urgence de déploiement d’une force multinationale pour assurer la sécurité et faciliter les négociations politiques.
Face au défi sécuritaire, seule une force internationale peut restaurer l’ordre, soutient-elle, tout en saluant le volontarisme du gouvernement kenyan et appelant à des contributions supplémentaires.
Pour sa part, la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies en Haïti et cheffe du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh), l’Équatorienne María Isabel Salvador, a « plaidé pour le maintien d’un élan vigoureux en faveur du pays et un soutien global plus efficace et coordonné ».
Le Binuh déclare poursuivre « son soutien à la Police nationale d’Haïti (Pnh).
« Au niveau politique, c’est aux Haïtiennes et Haïtiens d’atteindre rapidement une entente, qui privilégie l’intérêt général. Le peuple d’Haïti a besoin d’espoir et de choisir ses autorités par des élections. La communauté internationale doit l’accompagner vers un avenir meilleur ».
Une réunion de ce comité ad hoc consultatif restreint de l’Oif a eu lieu, en avril 2021, au moment où la situation politique, sécuritaire et institutionnelle en Haïti commençait à devenir préoccupante, rappelle la secrétaire générale de l’Oif.
Elle avait, alors, exhorté les actrices et acteurs nationaux à redoubler d’efforts en ce sens, en affirmant que la solution à cette crise multiforme ne viendra, dans un premier temps, que des Haïtiennes et Haïtiens eux-mêmes, lors de cette réunion qui avait recommandé à toutes les parties prenantes haïtiennes de « s’engager urgemment, et avec responsabilité, dans une dynamique de dialogue constructive et inclusives ». [emb rc apr 19/01/2024 15:20]
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