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Crise : L’Oea appelle l’Onu à rétablir la sécurité en Haïti

P-au-P., 05 mars 2024 [AlterPresse] --- « Sans sécurité, il n’y a pas de démocratie. Il est irresponsable de continuer à retarder les mesures et les actions nécessaires ».

Telle est la position de l’Organisation des États américains (Oea) sur les récents débordements de violences et de terreur des gangs armés, particulièrement dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, dans un communiqué dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Face à la détérioration de la situation actuelle en Haïti, le secrétaire général de l’Oea, l’Uruguayen Luis Leonardo Almagro Lemes [1], estime nécessaire de renforcer les efforts de coopération au sein de l’Organisation des Nations unies (Onu) pour rétablir la sécurité sur le territoire d’Haïti.

« Nous réaffirmons notre soutien au peuple haïtien, dans le pays et auprès de la diaspora, ainsi que notre engagement à continuer à collaborer pour promouvoir une solution, qui fasse avancer l’indispensable processus de démocratisation du pays ».

L’Oea déclare s’engager à assurer les garanties en matière des droits humains, la protection de toutes et de tous, et un contexte pacifique pour des élections libres et équitables en Haïti.

Elle se dit déterminée « à renforcer sa coopération avec Haïti pour relever les défis actuels de l’instabilité démocratique, du chômage, de l’insécurité alimentaire, de l’analphabétisme, de l’insécurité sanitaire, de la corruption et d’autres problèmes socio-politiques et socio-économiques, qui affectent le pays et qui sont exacerbés par la violence perpétuelle des éléments criminels qui tiennent le pays en otage ».

Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu), le Portugais António Guterres a réitéré la nécessité d’une action urgente en Haïti, le lundi 4 mars 2024..

C’est ce qu’a rapporté son porte-parole, Stéphane Dujarric, lors d’un point de presse au siège de l’Onu, à New York.

Cette action devrait se concrétiser, en fournissant, notamment, un soutien financier à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas), « pour répondre aux besoins pressants en matière de sécurité du peuple haïtien et empêcher le pays de sombrer davantage dans le chaos ».

Entre-temps, la population haïtienne continue d’exprimer ses inquiétudes, avec les troubles créés, depuis le jeudi 29 février 2024, par les gangs armés en divers endroits de la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.

Beaucoup de citoyennes et citoyens hésitent à s’aventurer dans les rues de Port-au-Prince, pour éviter d’être victimes d’attaques brusques de bandits armés contre des édifices publics et privés.

La population est toujours sur le qui-vive, après des actes de vandalisme contre le sous-commissariat de police, situé au carrefour des routes de Delmas et de l’aéroport international de Port-au-Prince, où la situation demeure très volatile.

Des vols internationaux et nationaux ont été annulés, après les attaques répétées contre l’aéroport international de Port-au-Prince.

Le lundi 4 mars 2024, des scènes de pillages ont été également enregistrées dans plusieurs institutions, dont l’hôpital Saint-François de Sales (centre-ville), qui appartient à l’église catholique romaine en Haïti.

Par ailleurs, les États-Unis d’Amérique ont annoncé qu’ils n’enverront pas de troupes en Haïti pour contrer l’offensive des gangs armés, qui mènent, depuis le jeudi 29 février 2024, des attaques coordonnées à Port-au-Prince contre des infrastructures stratégiques, informe la presse américaine consultée par l’agence en ligne AlterPresse.

« Nous mobilisons d’urgence tout le soutien, que nous et la communauté internationale pouvons apporter immédiatement à Haïti, en particulier à la Police nationale haïtienne, pour s’assurer qu’elle est en mesure de rétablir la sécurité pour le bien du peuple », a fait savoir un responsable de la Maison Blanche, cité par le journal américain Miami Herald.

Durant les dernières 72 heures, des responsables diplomatiques américains et haïtiens ont discuté de la possibilité de déploiement, en urgence, des forces spéciales américaines pour faire face à la crise, indique le journal.

Cette situation se produit au moment où le premier ministre de facto Ariel Henry se trouve à l’étranger.

Sur le chemin du retour après son déplacement dans les Caraïbes et en Afrique, depuis la semaine dernière, Ariel Henry devait revenir en Haïti en ce début de semaine. [emb rc apr 05/04/2024 14:15]


[1Né le 1er juin 1963, Luis Leonardo Almagro Lemes est un avocat, diplomate et homme politique uruguayen.

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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