Par Emmanuel Marino Bruno
P-au-P, 19 janvier 2026 [AlterPresse] --- Une branche de l’accord de Montana, dit accord du 30 août 2021, appelée Assemblée des signataires de l’Accord de Montana [1] exprime ses inquiétudes face à l’absence de consensus politique à quelques jours de l’échéance de fin de mission du Conseil présidentiel de transition (Cpt), le samedi 7 février 2026, dans une note consultée par l’agence en ligne AlterPresse.
Ces organisations interpellent les membres du Cpt sur l’échec des mécanismes actuels de gestion politique transitoire et la profonde méfiance de la population à l’égard des autorités en place, qui compromettent toutes perspectives de stabilisation durable en Haïti.
Dans ce contexte critique, ces organisations, signataires de l’accord de Montana, estiment urgent d’opérer des changements majeurs dans le processus transitionnel, afin de rétablir la crédibilité de l’État, de relancer le dialogue national et de répondre aux attentes légitimes du peuple haïtien.
Elles dénoncent la mauvaise gestion du gouvernement, dirigé depuis le lundi 11 novembre 2024 par le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’ils accusent d’incapacité manifeste à gouverner.
La gestion actuelle du gouvernement est, selon eux, marquée par de graves soupçons de corruption, des actes d’insubordination à l’autorité de l’État et des relations non autorisées avec des protagonistes étrangers, portant atteinte à la souveraineté nationale.
Ces organisations, signataires de l’accord de Montana, exigent le renvoi immédiat du chef du gouvernement et son remplacement par un premier ministre intérimaire, dont le mandat devrait prendre fin le 6 février 2026.
Elles demandent la convocation urgente d’assises nationales inclusives, réunissant l’ensemble des forces vives du pays, afin de parvenir à un accord politique légitime et à l’adoption d’un calendrier consensuel de négociations, assorti d’actions immédiates.
A leurs yeux, de telles mesures constituent des préalables indispensables pour éviter le chaos annoncé, rétablir un minimum de stabilité politique et jeter les bases d’une transition crédible, inclusive et souveraine.
« À défaut d’actions rapides et concrètes, la transition en cours risque de perdre toute légitimité, au détriment du peuple haïtien et de l’avenir démocratique du pays », préviennent ces organisations, signataires de l’accord de Montana, qui réaffirment leur disponibilité à contribuer à un dialogue national responsable et à une sortie durable de la crise haïtienne.
Lancé le dimanche 18 janvier 2026 par le Conseil présidentiel sortant de transition, à l’approche de la fin de sa mission, le samedi 7 février 2026, un processus de dialogue politique se poursuit ce lundi 19 janvier 2026, avec des partis, regroupements politiques et organisations socio-politiques, en vue de trouver un consensus haïtien autour d’un mécanisme de gestion politique, capable d’assurer la stabilité du pays à cette échéance.
Ce nouveau cadre de gestion politique devrait permettre de garantir la continuité du processus électoral envisagé et de favoriser le rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, souligne le Cpt dans une note officielle.
Lors d’une intervention à la presse, en marge d’une conférence sur le développement du Sud-Est, donnée à Jacmel le samedi 10 janvier 2026, le conseiller présidentiel Leslie Voltaire avait confirmé le départ du Cpt le 7 février 2026.
« Nous avons signé pour partir. À partir du 8 février 2026, nous ne serons plus légitimes. Nous nous en allons », avait déclaré Leslie Voltaire.
Le Cpt, composé de neuf membres, a été installé le 25 avril 2024, sous l’impulsion, notamment, de la Communauté des Caraïbes (Caricom) et des États-Unis, qui réclamaient un accord incluant plusieurs protagonistes politiques.
Cette structure a échoué dans sa mission principale de restaurer la sécurité et d’organiser des élections en Haïti en proie à une grave criminalité persistante des gangs armés. [emb rc apr 19/01/2026 14:50]
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[1] Pour le comité pilotage de l’assemblée des signataires de l’accord du 30 août 2021, dit accord de Montana : Jean Hénold Buteau, Cius Delson, Francisco Alcide, Xves A. Joseph.
MÉMOIRE D’ALTERPRESSE
Depuis 2001
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Haïti : Les casques bleus accusés de violation de droits humains 18 novembre 2005




