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Crise : «  Haïti ne peut pas attendre  » : le cri d’alarme du chef de l’Onu

P-au-P, 16 juin 2026 [AlterPresse] --- «  Je le dis sans détour aux donateurs : Haïti ne demande pas la charité. Haïti demande que le monde tienne parole. Et Haïti ne peut pas attendre.  »

C’est en ces termes que le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu), António Guterres, a réagi aux souffrances du peuple haïtien lors d’une conférence de presse donnée le mardi 16 juin, à l’occasion de sa visite de solidarité en Haïti.

Il a lancé un message fort : «  Les Haïtiens ne sont pas seuls. Les Nations unies sont à leurs côtés et le monde n’a pas le droit de détourner le regard.  », a-t-il déclaré avec insistance devant la presse lors de cette activité suivie par AlterPresse.

Le chef de l’Onu a décrit une crise d’une ampleur extraordinaire, dont la racine est l’insécurité.

Il a dépeint un pays où les gangs terrorisent la population, où des familles entières sont déracinées, et où des enfants sont privés de protection, d’éducation et d’avenir.

«  Pour trop d’Haïtiens, chaque jour est une lutte pour la survie.  »

Selon lui, Haïti traverse «  la plus grave crise humanitaire de l’hémisphère occidental et celle qui se détériore le plus rapidement  ».

Les chiffres sont alarmants : 6,4 millions de personnes, soit plus d’un Haïtien sur deux, ont aujourd’hui besoin d’une aide humanitaire, contre 5,5 millions il y a deux ans.

De plus, 1,5 million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays par la violence et près de 6 millions sont confrontées à une insécurité alimentaire sévère.

Les femmes et les enfants paient le prix le plus lourd, constate Guterres.

Au premier trimestre 2026, plus de 20 femmes et filles ont été agressées chaque jour en moyenne.

En un an, le recrutement d’enfants par les gangs a triplé : «  Désormais, jusqu’à un membre de gang sur deux est un enfant  », a déploré le secrétaire général des Nations unies, appelant à mettre fin à la violence et à l’exploitation des mineurs.

Depuis le début de l’année, la violence des gangs a causé plus de 2 300 morts et plus de 1 500 blessés, paralysant l’État, l’économie, l’éducation et l’acheminement de l’aide humanitaire.

Le chef de l’Onu a dénoncé l’indifférence internationale et souligné le lien entre l’absence d’engagement de la communauté mondiale et l’absence de sécurité pour le peuple haïtien.

Toutefois, il reste convaincu que la situation peut être renversée, citant comme signe d’espoir la reprise de quartiers du centre-ville de Port-au-Prince et la tenue du Conseil des ministres au Palais national après plus de trois ans.

Pour que ces acquis perdurent, Guterres recommande de désarmer, démanteler et réintégrer les membres des gangs, de mettre en place une justice fonctionnelle et de bloquer les flux d’armes illicites qui alimentent la violence. [emb apr 16/06/2026 18 : 25]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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