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Crise : Haïti à l’agenda d’un sommet caribéen prévu du 6 au 8 juillet 2025 en Jamaïque

Par Emmanuel Marino Bruno

Montego Bay (Jamaïque), 04 juillet 2025 [AlterPresse] --- La situation en Haïti figure à l’ordre du jour de la 49e réunion ordinaire de la Conférence des chefs de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (Caricom), qui se tient, du dimanche 6 au mardi 8 juillet 2025, en Jamaïque.

La réunion, qui sera présidée par le premier ministre de la Jamaïque, le Dr. Andrew Holness, devrait également mettre l’accent sur l’amélioration de la sécurité régionale, le renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et la lutte contre les changements climatiques, entre autres, selon une note de la Caricom consultée par AlterPresse.

Dans leurs discussions, les chefs de gouvernement de la Caricom devraient se concentrer aussi sur les questions géopolitiques émergentes, notamment l’impact des tarifs américains sur la région.

Seront examinées d’autres questions concernant les transports, les télécommunications, la numérisation de l’industrie du tourisme et la politique industrielle de la Caricom.

Le premier ministre de la Jamaïque, Andrew Holness, et les premières ministres de la Barbade, Mia Amor Mottley, et de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, prendront la parole lors de la cérémonie d’ouverture de la réunion, prévue le dimanche 6 juillet 2025, en Jamaïque.

La secrétaire générale de la Caricom, la Bélizienne Dre. Carla Barnett (née le 16 février 1958 à Bélize City), interviendra également.

L’Organisation des États américains (Oea) et la Caricom ont multiplié leurs consultations, auprès des protagonistes haïtiens, pour tenter de sortir Haïti de l’impasse.

Début juillet 2025, la Caricom a eu des discussions avec divers groupes haïtiens, en prélude à son sommet prévu du 6 au 8 juillet 2025 à Montego Bay, en Jamaïque.

L’objectif était de recueillir des informations actualisées, auprès des parties prenantes haïtiennes, pour nourrir les discussions des chefs d’État et de gouvernement, particulièrement sur la crise haïtienne et l’appui régional possible.

Ces consultations ont été coordonnées par le Groupe de personnalités éminentes (Gpe), composé d ;anciens chefs de gouvernement Kenny Anthony (Sainte-Lucie), Perry Christie (Bahamas) et Bruce Golding (Jamaïque), qui a déjà mené plusieurs cycles de dialogue en Haïti et en Jamaïque depuis l’année 2023.



Alerte onusienne sur un risque d’effondrement total de l’État à Port-au-Prince

Les discussions sur la crise en Haïti se poursuivent aussi au niveau des Nations unies.

Miroslav Jenča, responsable du continent américain à l’Organisation des Nations unies (Onu) alerte sur le risque d’un effondrement total de la présence de l’État dans la capitale, Port-au-Prince, sans une action accrue de la communauté internationale, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu, le mercredi 2 juillet 2025.

Les efforts de la Misson multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti et la Police nationale d’Haïti (Pnh) n’ont pas pu réussir à restaurer l’autorité de l’État, avance Miroslav Jenča.

La situation en Haïti reste dramatique, a reconnu l’Égyptienne Ghada Fathy Waly, directrice exécutive de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc).

Entre janvier et mai 2025, les escalades de terreur et d’autres violences des gangs armés ont causé la mort de plus de 2,680 personnes.

Lors de la réunion onusienne du mercredi 2 juillet 2025, la France a plaidé pour une implication accrue des Nations unies dans la sécurité, notamment via un bureau de soutien logistique à la Mmas.

Elle préconise l’application rigoureuse de sanctions contre les financeurs des gangs, et le renforcement des institutions judiciaires et pénitentiaires haïtiennes.

Face à la persistance de la criminalité en Haïti et aux difficultés rencontrées par la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas), plusieurs pays, dont Haïti et le Kenya, ont plaidé pour la création d’un bureau onusien de soutien, lors de la réunion du mercredi 2 juillet 2025 à l’Onu.

Le Kenya a exprimé son soutien à la proposition du secrétaire général de l’Onu, le Portugais António Guterres, visant à établir un bureau onusien d’appui à la Mmas en Haïti.

De son côté, le représentant permanent d’Haïti à l’Onu, Pierre Ericq Pierre, a salué cette proposition, soulignant combien ce bureau pourrait renforcer la capacité opérationnelle de la Mmas sur le terrain.

Dans un communiqué, publié le mardi 1er juillet 2025, le président du Conseil économique et social des Nations Unies (Ecosoc), l’ambassadeur canadien Bob Rae, a exhorté le Conseil de sécurité à répondre rapidement à la demande d’Haïti d’une assistance sécuritaire robuste.

Une mission de stabilisation des Nations unies devrait être sérieusement envisagée, affirme-t-il.

Le président de l’Ecosoc estime essentiel, à court terme, un important programme de soutien des Nations Unies à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haiti.

Un profond désordre au sommet de l’État alimente la crise sécuritaire en Haïti, laquelle ne résulte pas uniquement de la montée en puissance des gangs armés.

C’est ce qu’a révélé un récent rapport accablant du Groupe d’experts de l’Organisation des Nations unies (Onu), au Conseil de sécurité de l’Onu, que confirment les récentes déclarations de Fritz Alphonse Jean, coordonnateur des actions au Conseil présidentiel de transition (Cpt).

Selon ce rapport, les ambitions politiques concurrentes, les conflits d’intérêts et les allégations de corruption au sein des autorités de transition ont gravement entravé le fonctionnement des institutions publiques. [emb rc apr 04/07/2025 16:10]

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