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Crise : Élections et déblocage des routes, leviers essentiels pour stabiliser Haïti, préconise le Muth

P-au-P, 30 mars 2026 [AlterPresse] --- La tenue d’élections pourrait contribuer à stabiliser le pays et favoriser le déblocage des routes stratégiques en Haïti, malgré le contexte difficile, estime le Mouvement unifié des transporteurs haïtiens (Muth), lors d’une intervention à l’émission FwoteLide, diffusée sur AlterRadio 106.1 f.m et suivie par AlterPresse.

« Même si les scrutins ne peuvent pas tout résoudre à 100 %, ils devraient permettre d’avoir des dirigeantes et dirigeants responsables devant la nation », anticipe le dirigeant syndicaliste Duclos Benissoit, soulignant combien l’organisation d’élections constitue une étape essentielle pour sortir Haïti de l’instabilité actuelle.

Le Muth appelle à une mobilisation citoyenne, afin de faire pression sur les autorités pour qu’elles prennent les dispositions nécessaires à la réalisation des élections et à la réouverture des routes nationales.

Le Conseil électoral provisoire (Cep) a agréé, le jeudi 26 mars 2026, 282 partis politiques sur 320, inscrits pour les prochaines élections annoncées pour cette année 2026.

Les partis et groupement politiques non agréés ont jusqu’au jeudi 2 avril 2026 pour compléter leurs dossiers.

Le Muth appelle également à une meilleure coordination entre la Force de répression des gangs (Frg) et la Police nationale d’Haïti (Pnh), désormais équipée de blindés, de drones et d’hélicoptères, afin de sécuriser les axes routiers et faciliter le retour des personnes contraintes de fuir leurs domiciles, en raison des violences des gangs armés.

Il exige des autorités de transition le déblocage urgent des routes stratégiques, pour rétablir la circulation terrestre nationale.

Les routes reliant Port-au-Prince au Nord, au Sud et au Plateau central (nord-est de Pofrt-au-Prince) sont contrôlées par les gangs depuis plusieurs années.

Mario Andrésol, secrétaire d’État à la sécurité publique de janvier 2025 à mars 2026, n’a pas tenu ses promesses, quant à la réouverture, annoncée pour début 2026, de ces routes nationales, bloquées par les actes de criminalité.

De janvier à mars 2026, 43 présumés bandits ont été tués et de nombreux matériels saisis, lors d’opérations menées par la Pnh dans l’Artibonite, le Plateau central et l’Ouest, où se trouve la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.

Dans la nuit du samedi 28 mars au dimanche 29 mars 2026, dans la localité de Jean Denis, à Petite Rivière de l’Artibonite, un nombre non encore déterminé de personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées, lors d’une nouvelle attaque du gang terroriste Gran Grif de Savien, qui a incendié beaucoup de maisons paysannes, selon les témpooignages d’habitantes et d’habitants.

Le coordonnateur du Muth, Duclos Bénissoit, fustige le laxisme du gouvernement face à la dégradation continue de la situation sécuritaire sur les routes nationales et à ses conséquences sur la branche économique des transports publics.

Le Muth déplore également l’absence d’actions concrètes de l’État pour débloquer les axes stratégiques.

L’État n’a pas contribué à résoudre la crise des transports publics, plus de quatre ans après la prise d’assauts, le 1er juin 2021, de la zone de Martissant sur la route nationale #2, par les gangs armés, bloquant l’accès entre Port-au-Prince et le Sud du pays.

Ces actes de terreur et d’autres violences des gangs armés perdurent, en raison d’une transition politique constante, qui favorise l’absence de contrôle institutionnel. Ce contexte profite à certaines dirigeantes et certains dirigeants ainsi qu’à des secteurs économiques informels et illégaux, souligne le Muth.

Le transport maritime génère environ 54 millions de dollars américains par mois (Ndlr : Us $ 1,00 = 135.00 gourdes ; 1 euro = 151.00 gourdes ; 1 dollar canadien = 95.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.40 gourdes aujourd’hui) pour une trentaine d’embarcations, qui opèrent entre différentes villes côtières, en dehors du cadre légal, relève le syndicat des transporteurs publics.

Le Muth pointe des protagonistes, affairistes femmes et hommes, qui n’auraient aucun intérêt à un retour à la normale des activités de transport terrestre, vu que la crise sécuritaire leur permet d’accumuler des profits considérables.

De telles dérives touchent aussi le transport aérien, avec une flambée des prix jugée injustifiée.

« Aujourd’hui, un vol intérieur peut atteindre plus de 1,000.00 dollars américains, avec des trajets indirects, imposés par les compagnies », dénonce-t-il. [mff emb rc apr 30/03/2026 11:30]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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