P-au-P, 02 octobre 2025 [AlterPresse] --- L’expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits humains en Haïti, William O’Neill, exhorte la communauté internationale à déployer des efforts considérables pour défendre avec force la cause d’Haïti, en proie à des violences croissantes des gangs.
Cet appel pressant a été lancé, ce jeudi 2 octobre 2025, devant le Conseil des droits humains des Nations unies, selon les informations recueillies par l’agence en ligne AlterPresse.
William O’Neill appelle à donner une véritable chance à Haïti et souhaite que ce soit la dernière fois que le pays ait besoin d’un tel soutien international.
Il qualifie d’« insidieuses » la violence et la misère engendrées par les gangs, qui continuent d’étendre leur emprise sur le territoire.
Il rapporte des témoignages poignants de communautés durement touchées, contraintes de fuir sans savoir où aller.
Après la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince et le département de l’Ouest, le département de l’Artibonite, la ville de Mirebalais (Plateau central) et désormais Bassin-Bleu (Nord-Ouest) sont tombés aux mains de groupes armés, déplore-t-il.
De son côté, le Haut-commissaire des Nations unies aux droits humains, Volker Türk, dresse un bilan humanitaire alarmant.
La moitié de la population haïtienne soit environ 6 millions de personnes, dont 3,3 millions d’enfants, a besoin d’aide humanitaire.
Depuis le 1er janvier 2022 jusqu’au 2 octobre 2025, plus de 16,000 personnes ont été tuées et près de 7,000 blessées dans les violences liées aux gangs, relève le chef des droits humains aux Nations unies.
Plus de 3,000 personnes ont perdu la vie et plus de 1,3 million ont été déplacées à cause de l’insécurité généralisée.
Volker Türk a salué l’adoption, le mardi 30 septembre 2025, d’une résolution du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) visant à remplacer la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) par une force internationale anti-gangs plus robuste.
La Mmas, sous-équipée et en effectif réduit, a souffert d’un manque de financement qui a entravé sa mission.
Environ 1,000 membres, majoritairement kenyans, ont été déployés depuis juin 2023 pour appuyer la Police nationale d’Haïti (Pnh) dans sa lutte contre les gangs.
Accompagnée d’un bureau d’appui des Nations unies en Haït, la nouvelle force devrait compter 5,500 membres.
Les autorités de la transition, plusieurs pays partenaires ainsi que des organisations nationales et internationales ont salué cette résolution, qui marque une étape cruciale dans la lutte contre les groupes criminels. [emb apr 02/10/2025 14:55]
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