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Criminalité : Les gouvernements de la France et de 8 autres pays condamnent les viols de masse ciblant les femmes et les filles en Haïti

Par Emmanuel Marino Bruno

Nations unies, 23 avril 2025 [AlterPresse]--- A l’occasiion d’une réunion spéciale sur Haïti, au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu), le lundi 21 avril 2025 à New York, les gouvernements de la France, du Danemark, de la Grèce, de Guyana, du Panama, de Corée du Sud, de Sierra Leone, de Slovénie et du Royaume-Uni dénoncent « vigoureusement » les violences sexuelles et sexistes généralisées, dont les viols de masse qui visent les femmes et les filles en Haïti, dans un message vidéo visionné par l’agence en ligne AlterPresse.

Cette position a été lue, au nom des gouvernements de ces 9 pays, par l’ambassadeur Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la république française auprès des Nations unies et président du Conseil de sécurité pour le mois d’avril 2025.

Les gouvernements de ces 9 pays, signataires des engagements communs sur les femmes, la paix et la sécurité, concernant la situation en Haïti, affirment exprimer leur soutien indéfectible à toutes les femmes et filles d’Haïti.

Conformément à l’embargo sur les armes, ils appellent à mieux lutter contre le trafic illicite d’armes légères et de petits calibres, qui sont utilisées dans la majorité des cas de violences sexuelles en Haïti.

Ils plaident en faveur de nouvelles sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies, ciblées contre les responsables de violences sexuelles, dans la continuité des désignations approuvées par le comité de sanctions sur Haïti en septembre 2024.

« Tous les efforts doivent être faits pour combattre l’impunité et assurer aux victimes un accès à la justice et à des soins ».

Il faut soutenir la participation des femmes à l’action publique et promouvoir une approche fondée sur la redevabilité, l’état de droit et le plein respect des droits humains en Haïti.

La participation des femmes aux instances de prise de décisions est clé pour la mise en place d’un processus politique inclusif et la tenue d’élections libres et régulières, soulignent les gouvernements de ces 9 pays.

Elles mettent en avant le rôle essentiel, joué par les organisations de femmes dans la désescalade des tensions et en faveur du dialogue entre les parties haïtiennes.

Les gouvernements de ces 9 pays exhortent tous les États membres de l’Onu à renforcer leur soutien à Haïti à cet égard, rappelant combien la lettre du secrétaire général des Nations unies du 24 février 2025, le Portugais Antonio Guterres, souligne l’urgence de répondre à la crise multidimensionnelle en Haïti.

Un niveau de violences des gangs sans précédent

« (Le niveau sans précédent) des violences, qui frappent Haïti, notamment les violence des gangs, menacent la paix et la sécurité, ainsi que la stabilité du Conseil présidentiel de transition (Cpt). Les violations des droits humains demeurent omniprésentes et la situation humanitaire désastreuse », relèvent les gouvernements de ces 9 pays, signataires des engagements communs sur les femmes, la paix et la sécurité.

Ils encouragent à agir face à « ces violences exacerbées par la famine et les déplacements de population » et « utilisées, de façon systématique par les gangs, comme un moyen d’asservissement et de terreur », en particulier dans les départements de l’Artibonite et de l’Ouest, où se trouve la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.

Ils préconisent de renforcer les capacités de la Police nationale d’Haïti (Pnh) à répondre efficacement à ces violences et à reprendre le contrôle des zones sous emprise des gangs, dans le respect des normes internationales en matière de droits humains.

Les gouvernements de la France, du Danemark, de la Grèce, de Guyana, du Panama, (de la république) de Corée du Sud, de Sierra Leone, de la Slovénie et du Royaume-Uni saluent les États membres des Nations unies, qui financent et fournissent du personnel au Bureau intégré des Nations unies (Binuh) en Haïti, et à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas), qui joue un rôle essentiel à cet égard.

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu, le lundi 21 avril 2025, suivie par AlterPresse, Monica Juma, conseillère à la sécurité nationale du président du Kenya, a jugé essentielle une augmentation urgente des effectifs de la Mmas en Haïti, car la mission « fonctionne à un niveau sous-optimal, en termes d’effectifs sur le terrain, de types et de diversité des moyens à disposition ».

Les États-Unis accusés d’être responsables de l’entrée d’armes illégales en Haïti

Pour leur part, les representants de la Chine et de la Fédération de Russie ont attribué aux États-Unis d’Amérique la responsabilité de l’entrée d’armes illégales en Haïti.

Le représentant de la Chine a critiqué l’application superficielle, par les États-Unis, de l’embargo sur les armes, permettant l’entrée d’armes illégales en Haïti depuis la Floride.

Les gangs en Haïti sont encore mieux équipés que la Police nationale d’Haïti (Pnh), a-t-il déclaré, appelant l’Etat en Haïti à faire preuve de réelles responsabilités et à privilégier l’allocation de ses ressources limitées à la sécurité et au bien-être de la population.

« La solution à long terme à la crise en Haïti incombe au peuple haïtien lui-même », a estimé, de son côté, le délégué de la Fédération de Russie, notant combien « l’embargo sur les armes, en vigueur jusqu’à présent, n’a pas empêché les groupes criminels de reconstituer leurs arsenaux ».

L’ambassadeur aux Nations unies de la Fédération de Russie a fustigé les États-Unis, qu’il accuse de n’avoir pas pris les mesures nécessaires pour « stopper le flux illégal d’armes » vers Haïti.

Les sanctions, à elles seules, ne suffisent pas à éradiquer la criminalité, a fait remarquer la Fédération de Russie, estimant essentiel de consolider et de renforcer les forces de l’ordre nationales.

L’Américain William O’Neill, expert des Nations Unies sur la situation des droits humains en Haïti, réclame davantage d’efforts des Etats-Unis pour lutter contre le trafic illégal d’armes à feu, à destination de ce pays des Caraïbes, lors d’un entretien avec Onu Info, après une visite effectuée en Haïti, au début du mois de mars 2025, en vue d’évaluer la crise humanitaire et sécuritaire, qui sévit dans le pays.

Les gangs, qui sèment la terreur en Haïti, bénéficient du trafic illégal d’armes à feu, en provenance notamment des Etats-Unis, a dénoncé O’Neill.

« Les gangs disposent d’un arsenal croissant d’armes de gros calibre et de munitions, qui semblent inépuisables. Certains d’entre eux possèdent même des armes, capables de perforer les blindages », a-t-il ajouté. [emb rc apr 23/04/2025 11:50]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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