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Criminalité : Les Nations unies dénoncent une vague de « brutalités extrêmes » en Haïti

P-au-P, 26 février 2025 [AlterPresse] --- Des agences de l’Organisation des Nations unies (Onu), d’organisations non gouvernementales, nationales et internationales ainsi que des bailleurs de fonds regroupés au sein de l’Équipe humanitaire pays en Haïti condamnent une vague de « brutalités extrêmes » en Haïti, dans une déclaration dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Ces violences ont causé la mort de nombreuses personnes dont des enfants ainsi que le déplacement, depuis la fin du mois de janvier 2025, de plus de 6 mille autres, dont 2 mille dans les municipalités de Delmas, Port-au-Prince et Pétionville, ainsi que plus de 4, 100 à Kenscoff (est de la capitale, Port-au-Prince), déplorent ces agences et organisations onusiennes.

En 2024, plus de 5, 600 Haïtiennes et Haïtiens ont été tués en Haïti, dans les violences des gangs. De janvier 2023 à décembre 2024, plus d’un million de personnes se sont déplacées, à cause des violences des gangs armés dans le pays.

Une violence « inacceptable et inhumaine »

L’Équipe humanitaire pays en Haïti se dit profondément alarmée et consternée par l’intensité́ « inacceptable et inhumaine » des violences qui s’abattent sur Haïti, dans un communiqué.

Elle fait état de familles entières, brutalement anéanties à leurs domiciles, et d’autres, y compris des enfants et des bébés, abattues pendant qu’elles tentaient de s’échapper.

En décembre 2024, plus de 200 personnes ont été tragiquement exécutées par le chef de gang Micanor Altès, connu aussi sous le nom de Monel Félix (alias Wa Mikanò), dans le quartier de Wharf Jérémie, dans la commune de Cité Soleil (au nord de la capitale, Port-au-Prince), rappelle-t-elle.

La vie quotidienne de nombreuses Haïtiennes et de nombreux Haïtiens est marquée par les violences, la peur, la fatigue, la faim, les maladies et l’incertitude de l’avenir, note l’Onu.

De plus, les femmes, les filles et les enfants sont confrontés à une menace croissante, notamment celle des violences sexuelles.

Les Nations unis affirment condamner « avec la plus grande fermeté toutes les attaques contre les communautés civiles et les infrastructures, en l’occurrence celle ayant ciblé, le 13 février 2025, l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (Hueh) ».

« Ces actes violent les droits humains et privent les plus vulnérables de services vitaux essentiels », a déclaré la coordonnatrice résidente et humanitaire des Nations unies en Haïti, la Suédoise Ulrika Richardson.

Les organisations humanitaires appellent toutes les parties impliquées dans ces violences à rompre ce cycle de terreur et à mettre fin à̀ cette spirale incontrôlée.

Elles renouvellent leur engagement à poursuivre les actions de mobilisations de la communauté́ internationale en faveur de Haïti afin de garantir les financements nécessaires pour répondre aux besoins urgents et restaurer la dignité́ des personnes affectées.

La communauté humanitaire en Haïti a présenté le lundi 24 février 2025, son Plan de réponse humanitaire 2025 pour venir en aide aux populations les plus vulnérables.

6 millions de personnes auront besoin d’aide cette année – près de la moitié de la population, selon ce Plan qui alerte sur la détérioration croissante de la situation humanitaire.

Défi humanitaire colossal

« Haïti traverse une crise sans précédent, un tourbillon multidimensionnel qui a transformé une situation déjà grave en un défi humanitaire colossal », souligne Ulrika Richardson.

Elle appelle au soutien et à la générosité des donateurs pour soutenir les efforts du gouvernement haïtien à venir en aide à sa population vulnérable.

Les agences humanitaires déclarent avoir besoin de 908, 2 millions de dollars pour assister les Haïtiens les plus vulnérables cette année 2025, dans ce contexte de violence entravant leurs efforts d’aide.

Ces 908, 2 millions de dollars sont nécessaires pour venir en aide à 3,9 millions de personnes en situation de vulnérabilité.

« Pour 2025, nous avons besoin de 908 millions de dollars. Ce n’est pas un simple chiffre : ce sont des enfants qui rêvent d’aller à l’école, des familles qui veulent un toit, des jeunes filles qui méritent de vivre en sécurité, des femmes qui ne supportent plus la peur d’être violées », déclare Richardson. [emb apr 26/02/2025 12 :45]

Photo : Site de l’organisation des droits humains Amnesty international

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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