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Criminalité : L’Unicef appelle à prévenir le recrutement des enfants dans les gangs armés en Haïti

Par Emmanuel Marino Bruno

P-au-P, 27 février 2024 [AlterPresse] --- Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) demande d’accorder la priorité à la prévention du recrutement et à la réinsertion des enfants, dans un communiqué dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

« En Haïti, le recrutement et l’utilisation d’enfants par des groupes armés ont augmenté de 70% au deuxième trimestre 2024, par rapport à la même période en 2023, un enfant sur deux dans les groupes armés étant mineur », soiuligne l’Unicef.

En réponse à cette réalité alarmante, l’Unicef déclare intensifier ses efforts, de concert avec le gouvernement de transition, pour prévenir le recrutement d’enfants et renforcer les programmes de réinsertion.

Le représentant adjoint de l’Unicef en Haïti, François Kampundu, appelle à une action collective, des solutions concrètes et des alternatives positives, pour eviter que davantage d’enfants tombent dans le piège des violences.

S’appuyant sur des engagements antérieurs, le gouvernement haïtien et le système des Nations unies travaillent ensemble, pour réviser et renforcer le cadre national de prévention du recrutement d’enfants et de soutien à la réhabilitation des enfants, séparés des groupes armés, rappelle l’Unicef.

Quid du cadre actualisé de prévention des recrutements d’enfants ?

Un cadre actualisé, visant à prévenir le recrutement d’enfants et à soutenir la réhabilitation et la réintégration des enfants et des jeunes touchés, y compris ceux précédemment associés à des groupes armés, a été finalisé, au cours d’un atelier de trois jours, déroulé du lundi 10 au jeudi 13 février 2025.

Baptisé Prejeunes, cet atelier a réuni le cabinet du premier ministre, le Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), le Ministère des affaires sociales et du travail (Mast), l’Institut du bien-être social et de recherches (Ibesr), les agences des Nations unies et d’autres partenaires.

Lors de la clôture de l’atelier, le jeudi 13 février 2025, le programme Prejeunes a été officiellement lancé, dans le sens des engagements collectifs en faveur du renforcement des efforts de protection de l’enfance en Haïti.

« Le cadre révisé s’appuie sur le mémorandum d’accord existant, signé entre le gouvernement haïtien et le système des Nations unies, qui établit des lignes directrices claires pour la protection et la réintégration des enfants associés aux groupes armés », lit-on dans le communiqué.

Il définit les mécanismes visant à garantir que les enfants séparés soient traités comme des victimes et non comme des criminels.

Ce cadre révisé devrait permettre d’accélérer également le processus de transfert, en garantissant que les enfants soient placés sous la protection de l’Institut du bien-être social et de recherches (Ibesr), dans les 72 heures suivant leur séparation des groupes armés, avec un accès immédiat à un soutien psychosocial, médical et éducatif.

Tout en imposant également la séparation stricte des enfants des adultes dans les centres de détention, afin d’éviter toute nouvelle exposition aux violences, ce cadre révisé interdit les poursuites contre les enfants pour association avec des groupes armés, sauf en cas de crimes graves.

Il privilégie l’éducation et la formation professionnelle, en offrant aux enfants des alternatives durables au recrutement.

Une attention particulière est accordée aux filles, qui sont exposées à des risques accrus de violences sexuelles, en garantissant un accès prioritaire à des services de protection et de soins spécialisés.

Ce cadre révisé est conforme aux normes internationales, notamment aux principes et engagements de Paris, relatifs aux enfants associés aux forces armées ou aux groupes armés.

Les autorités de la transition ont discuté des mesures nécessaires, pour réhabiliter la Maison de rééducation, communément appelée « Centre d’accueil » de Carrefour, afin de récupérer les enfants recrutés par les gangs armés en Haïti, lors d’un conseil des ministres tenu le mercredi 8 janvier 2025.

La réhabilitation de ce Centre d’accueil d’enfants (qui était établi dans la commune de Carrefour) devrait permettre de réintégrer dans la société les enfants recrutés par les gangs armés et leur offrir « une trajectoire socio-professionnelle viable », ont indiqué les autorités de la transition, dans une note du bureau du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Recrutements, déplacements et assassinats de nombreux enfants

L’organisation de défense des droits humains Amnesty international lance un appel à une aide d’urgence, pour sauver les filles et garçons des horreurs extrêmes des gangs armés en Haïti, dans un nouveau rapport, publié le mercredi 12 février 2025.

Les enfants, filles et garçons, sont victimes de recrutements, d’attaques, de viols et de violences sexuelles incessantes aux mains des gangs armés, a décrit le rapport d’Amnesty international, intitulé « je ne suis qu’une enfant, pourquoi cela m’est-il arrivé ? Haïti : l’offensive des gangs contre l’enfance ».

Plus d’un million d’enfants vivent dans des zones contrôlées par des gangs armés ou soumises à leur influence en Haïti, d’après des estimations citées par Amnesty international.

Le nombre d’enfants haïtiens, recrutés par les gangs, a augmenté de 70 % au cours de l’année 2023, ont dénombré les Nations unies.

Les violences actuelles ont entraîné le déplacement d’environ un (1) enfant sur huit (8) en Haïti.

À cause des violences des gangs armés, plus de 500 mille enfants ont été contraints de quitter leurs foyers à l’intérieur d’Haïti, soit une hausse de 48 % depuis le mois de septembre 2024.

184 enfants, dont 61 filles et 123 garçons, ont été tués, 30 autres filles et 75 autres garçons blessé-e-s, au cours de l’année 2024, en raison d’une montée alarmante de la criminalité en Haïti, a alerté l’organisation Save the Children, dans un rapport.

Ces chiffres témoignent d’une augmentation de 68% du nombre de victimes vérifiées, parmi les enfants filles et garçons en l’année 2024, par rapport à l’année 2023, quand 115 enfants avaient été tués et 57 autres blessés, note-t-elle. [emb rc apr 27/02/2025 10:50]

Photo : Unicef

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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