P-au-P, 20 mars 2025 [AlterPresse] --- Au moins une personne a été tuée par balle et trois autres blessées, lors d’une forte mobilisation, le mercredi 19 mars 2025, dans les rues de la capitale pour demander aux autorités de la transition de mettre fin aux violences des gangs armés en Haïti, particulièrement dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, apprend AlterPresse.
La manifestation qui a rassemblé plusieurs milliers de citoyennes et de citoyens a été dispersée par des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh), qui ont utilisé des bombonnes de gaz lacrymogènes et leurs armes, à Bourdon (vers l’est de Port-au-Prince), non loin devant la Villa d’Accueil à Musseau, siège des autorités de la transition.
Au moins une personne a été tuée par balle et trois autres blessées, lors de la dispersion de la foule de manifestantes et manifestants par la Pnh.
Les protestataires en colère ont riposté par des jets de pierre.
Ayant débuté près de la place publique du Canapé-Vert et à la rue Bois-Patate, la manifestation a traversé plusieurs rues jusqu’à Bourdon en direction de Musseau.
La foule de milliers de protestataires, dont beaucoup étaient munis de pancartes, de branches d’arbres et armés de machettes et de bâtons n’ont pas pu terminer leur marche devant la Villa d’Accueil.
« Canapé-Vert n’est pas Solino », ont scandé les manifestantes et manifestants tout au long de leur parcours, en faisant référence au sort de Solino, désormais considéré comme un territoire perdu.
Lors du défilé, les manifestantes et manifestants ont érigé des barricades, faites de pneus usagés enflammés et d’autres débris en divers endroits, comme à Canapé Vert et sur la route de Bourdon.
Tôt ce mercredi 19 mars 2025, des barricades ont été aussi installées par des riveraines et riverains sur diverses artères dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, dont Canapé Vert et Juvénat, pour prévenir d’éventuelles attaques de gangs armés.
De nombreux élèves et d’autres personnes, qui allaient vaquer à leurs activités, ont été contraint-e-s de rebrousser chemin, notamment à Canapé Vert, où des gens armés de machettes ont été remarqués.
Tôt dans la matinée du mercredi 19 mars 2025, des explosions ont été entendues dans plusieurs quartiers, notamment à Gran Ravin (sur les hauteurs de Martissant), Village de Dieu et à la 4e avenue Bolosse.
Il s’agirait de drones, équipés d’explosifs, que les autorités auraient utilisés contre plusieurs bases de gangs terroristes dans ces zones, selon les informations disponibles.
Plusieurs membres de gangs auraient été touchés, lors des déflagrations provoquées par ces drones, selon plusieurs médias.
En l’espace d’un mois, plus de 60 mille personnes ont fui les violences des gangs armés à Port-au-Prince. Ce qui constitue un nouveau record dans la crise humanitaire, qui s’aggrave en Haïti, souligne l’Organisation internationale pour les migrations (Oim).
La majorité des personnes déplacées s’est réfugiée dans 48 sites de regroupements, dont 12 récemment créés, tandis que d’autres ont trouvé refuge auprès de familles d’accueil déjà surchargées, fait savoir l’Oim.
Du mardi 11 au lundi 17 mars 2025, (un nombre de) 23,510 personnes ont été contraintes d’abandonner leurs demeures, suite aux violences des gangs armés dans divers quartiers de la commune de Port-au-Prince, selon les données fournies par l’Oim.
L’Organisation internationale pour les migrations appelle à renforcer le soutien à la Police nationale d’Haïti (Pnh), afin de lui fournir les ressources et les moyens nécessaires pour rétablir la stabilité et la sécurité.
Depuis le lundi 17 mars 2025, différents établissements scolaires à Port-au-Prince et Delmas ont annoncé la suspension, jusqu’à nouvel ordre, de toutes leurs activités administratives et académiques, à cause des vagues de violences de gangs armés.
Beaucoup d’universités, d’institutions et d’entreprises commerciales ont été également forcées de fermer leurs portes, dans plusieurs zones ciblées par ces groupes criminels.
Les gangs armés de la coalition criminelle Viv Ansanm continuent d’intensifier leurs attaques dans plusieurs quartiers de la capitale, Port-au-Prince, comme Christ Roi, Delmas 30, Delmas 32, Delmas 19, Carrefour Feuilles, l’avenue Christophe, les rues Pacot, Cameau et Capois.
La Pnh n’intervient toujours pas à temps pour repousser les bandits armés, attendant que les choses empirent pour finalement agir, dénoncent les personnes déplacées, qui restent convaincues qu’il s’agirait d’un complot. [emb apr 20/03/2025 09 :35]
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