P-au-P., 1er mai 2025 [AlterPresse] --- L’équipe de transition en Haïti a annoncé, ce jeudi 1er mai 2025, la création de l’Agence nationale de sécurité (Ans), en remplacement de l’ancienne Agence nationale d’intelligence (Ani, voulue par Jovenel Moïse), et une nouvelle prolongation de l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire pour une période de trois mois supplémentaires (jusqu’à fin juillet 2025).
Les deux dispositions ont été adoptées lors d’un Conseil des ministres, tenu le mercredi 30 avril 2025, selon une communication ddu bureau du premier minsitre, postée sur les réseaux sociaux et consultée par AlterPresse.
Un décret gouvernemental vient abroger les dispositions de celui du 31 décembre 2020 relatives à l’Ani, remplacée par l’Ans.
La structure remaniée vise à pallier l’absence de coordination stratégique dans la collecte et l’analyse des renseignements en Haïti.
Placée sous l’autorité administrative du premier ministre, l’Ans aura pour mission d’assurer la mise en œuvre de la politique gouvernementale en matière de « renseignements et de contre-renseignements », indique le bureau du premier ministre.
Elle sera notamment chargée de « centraliser, traiter et synthétiser les informations stratégiques », relatives à la sécurité nationale, à la paix sociale et à la protection des intérêts fondamentaux d’Haïti.
Le décret sur l’Ani, de l’ancien président Jovenel Moïse, avait, en son temps, soulevé la réprobation, en raison de ses restrictions des libertés individuelles.
Le gouvernement de transition justifie la création de l’Ans par la nécessité de disposer d’une « vision intégrée et cohérente » des renseignements, afin de répondre plus efficacement aux menaces internes et externes.
État d’urgence décrété à l’échelle nationale
En parallèle, les autorités ont décidé d’ « instaurer l’état d’urgence sur tout le territoire national, pour une durée de trois mois », en réponse à l’aggravation de la crise sécuritaire et à ses effets sur la vie des citoyennes et citoyens, et sur l’économie du pays.
Ce décret vise à mobiliser les ressources et moyens institutionnels de l’État, pour renforcer les capacités d’action des forces de l’ordre et des services publics, toujours impuissants à endiguer les violences implacables des gangs.
Le gouvernement espère, ainsi, créer les conditions nécessaires à des interventions plus efficaces contre la cfriminalté, tout en favorisant de meilleures réponses à la crise agricole et alimentaire, qui touche de nombreux départements géographiques en Haïti.
Par ailleurs, les autorités ont également annoncé avoir élargi la composition de la Commission nationale de démantèlement, de désarmement et de réinsertion (Cnddr), qui passe de 7 à 9 membres.
L’objectif serait de « garantir le bon fonctionnement » de la structure, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants.
Haïti se débat dans une profonde crise, marquée par les violences des gangs la faiblesse institutionnelle et des urgences humanitaires multiples, qui s’aggravent continuellement. [apr 1er/05/2025 23:00]
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