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Chars blindés pour la Pnh dans une Haïti sous pression sécuritaire et politique

P-au-P, 06 févr. 2026 [AlterPresse] --- La Police nationale d’Haïti (Pnh) a reçu, le jeudi 5 février 2026, trois chars blindés à chenilles en provenance de la Corée du Sud, dans un contexte marqué par l’intensification, depuis plusieurs semaines, des opérations des forces de l’ordre contre les groupes armés à Port-au-Prince et par une incertitude politique persistante à la veille de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (Cpt), observe l’agence en ligne AlterPresse.

Ces équipements, attendus depuis environ quatre ans selon les autorités, avaient été retardés par des blocages administratifs. Leur livraison intervient dans une phase marquée par la montée en puissance des interventions sécuritaires, menées conjointement par la Pnh, une Task Force nationale et des partenaires internationaux, dans plusieurs zones stratégiques de la capitale.

Lors de la réception, des responsables policiers ont présenté ces blindés comme un renfort opérationnel, destiné à soutenir les actions en cours contre les groupes armés sur le territoire national.

Le directeur général ad intérim de la Pnh, André Jonas Vladimir Paraison, a affirmé que le haut commandement entendait maintenir la pression sur le terrain, soulignant la volonté de poursuivre les opérations dans les zones contrôlées par les gangs.

Une livraison dans un climat de transition politique incertaine

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La réception de ces chars blindés intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, marqué par l’échéance, le samedi 7 février 2026, du mandat du Conseil présidentiel de transition (Cpt), dans un climat d’incertitude quant à la gouvernance à venir.

Les États-Unis plaident pour une continuité institutionnelle autour du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, pourtant renvoyé par une majorité qualifiée du Cpt, et présenté par Washington comme un acteur central dans la lutte contre les gangs armés.

Parallèlement, un dialogue inter-haïtien a débouché sur la proposition d’un Collège présidentiel de trois membres, chargé d’assurer la gouvernance post-7 février 2026, une option qui peine toutefois à se concrétiser.

Sur le terrain, les autorités sécuritaires font état de reculs partiels de l’emprise des groupes armés dans certains quartiers de Port-au-Prince, notamment à Bel Air, au bas de Delmas et dans des zones du centre-ville, à la suite d’opérations combinant armes lourdes, véhicules blindés et usage de drones explosifs.

Malgré ces avancées, la situation reste alarmante dans beaucoup d’endroits en Haïti.

Entre janvier et novembre 2025, plus de 8,100 personnes ont été tuées dans des violences liées aux gangs, selon un rapport du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh), daté du 15 janvier 2026 et présenté au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu).

En dépit de l’appui de la Force de répression des gangs (Frg), les groupes armés continuent de maintenir leur influence dans plusieurs communes des départements de l’Ouest, du Plateau central et de l’Artibonite.

Autorisée par le Conseil de sécurité de l’Onu en septembre 2025 et déclarée opérationnelle en octobre 2025, la Frg ne devrait être entièrement déployée qu’en octobre 2026, les premiers contingents étant attendus à partir d’avril 2026. D’ici là, la charge principale des opérations repose sur les forces nationales, désormais dotées de nouveaux moyens lourds. [apr 06/02/2026 08:00]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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