P-au-P. 07 avril 2026 [AlterPresse] --- Environ 13,573 personnes, soit 3,342 ménages, ont été déplacées à la suite des attaques armées, perpétrées depuis le 28 mars 2026 à Jean-Denis et Pont Benoît, dans le département de l’Artibonite (Nord), selon un rapport actualisé de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim), consulté par AlterPresse.
Ce rapport constitue une mise à jour de celui publié le 1er avril 2026 (ETT 88.1), relatif aux déplacements provoqués par les violences de gangs armés ayant initialement frappé les deux localités, dans la 1ʳᵉ section communale de Bas Coursin I, commune de Petite Rivière de l’Artibonite.
Les attaques se sont ensuite étendues à plusieurs autres zones, notamment Pont-Joux, Petit-Bois, Grand-Bois et Camatin, dans la 3ᵉ section communale d’Ogé (commune de Dessalines), ainsi que Laculture, dans la 1ʳᵉ section communale de Villars, également située dans la commune de Dessalines.
La majorité des personnes déplacées, soit 82 %, ont trouvé refuge auprès de familles d’accueil, tandis que 18 % se sont installées dans 16 sites d’accueil. Parmi ceux-ci, cinq existaient déjà avant les attaques et 11 nouveaux sites ont été créés pour faire face à l’afflux de personnes déplacées.
Par ailleurs, deux sites ont été fermés, après que les Personnes déplacées internes (Pdi), qui y étaient hébergées, ont dû se relocaliser ailleurs.
Ce nouveau bilan marque une nette augmentation par rapport aux premières estimations, faisant état d’environ 5,291 personnes déplacées à la suite des attaques survenues entre le samedi 28 et le lundi 30 mars 2026.
Ces violences ont fait au moins 70 morts, selon un bilan provisoire établi à partir de témoignages recueillis par le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), après l’attaque survenue dans la nuit du 28 au 29 mars 2026 à Jean-Denis.
Certaines victimes ont été enterrées par leurs familles, tandis que d’autres ont été transportées à la morgue. Plusieurs personnes sont toujours portées disparues. Plus d’une trentaine de personnes blessées ont également été signalées, dont certaines reçoivent des soins dans des structures sanitaires.
Le centre de santé de Jean-Denis, bien qu’épargné par les flammes, ne dispose pas des capacités nécessaires pour prendre en charge les victimes. Parmi les personnes tuées, figurent des hommes, des femmes, des enfants, des nourrissons ainsi que des femmes enceintes.
L’extension des attaques à plusieurs sections communales et communes de l’Artibonite témoigne d’une détérioration rapide de la situation sécuritaire et humanitaire dans ce département, déjà fragilisé par la présence accrue de gangs armés. [apr 07/04/2026 06:00]
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