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Accra : Haïti absente des documents d’une conférence internationale sur les réparations liées à l’esclavage

P-au-P, 19 juin 2026 [AlterPresse] --- Aucune référence explicite à Haïti, première République noire issue d’une révolution d’esclaves victorieuse, n’a été relevée dans le programme officiel et les documents de référence de la conférence internationale d’Accra consacrée aux suites de la résolution des Nations unies sur l’esclavage, la traite transatlantique et les réparations, organisée du 17 au 19 juin 2026 au Ghana.

Les documents consultés par AlterPresse comprennent notamment le programme officiel de la conférence, la liste des intervenantes et intervenants, la note conceptuelle, la note d’information ainsi que les documents d’organisation élaborés par les autorités ghanéennes.

Placée sous le thème des prochaines étapes de la mise en œuvre de la résolution A/RES/80/250, adoptée le 25 mars 2026 par l’Assemblée générale des Nations unies, la rencontre réunit des chefs d’État et de gouvernement africains et caribéens, des représentants d’organisations internationales, des responsables d’organisations régionales, des universitaires, des juristes et des personnalités engagées dans le mouvement international en faveur des réparations.

Parmi les personnalités mises en avant figurent notamment le président ghanéen John Dramani Mahama, la première ministre de la Barbade Mia Mottley, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, ainsi que plusieurs figures du monde académique et du mouvement caribéen des réparations, dont l’historien Hilary Beckles.

Les documents de référence rappellent que la résolution A/RES/80/250 constitue la première résolution de l’Assemblée générale des Nations unies, exclusivement consacrée à l’esclavage et à la traite transatlantique.

Le texte reconnaît l’esclavage racialisé et la traite des Africains réduits en esclavage comme un crime grave contre l’humanité et appelle notamment à la restitution des biens culturels ainsi qu’à l’ouverture d’un dialogue international sur la justice réparatrice.

Les organisateurs entendent capitaliser sur cette dynamique afin de structurer les suites du processus à travers un cadre global portant sur les réparations, la restitution des biens culturels et les mécanismes de justice historique.

La conférence prévoit également la mise en place de plusieurs panels internationaux consacrés aux dimensions juridiques, politiques et institutionnelles de ces questions.

Malgré la place centrale qu’occupe Haïti dans l’histoire mondiale de l’émancipation et des luttes contre l’esclavage, aucune mention explicite du pays n’a été relevée dans les documents consultés. Aucun représentant haïtien n’apparaît non plus parmi les intervenants annoncés.

Toutefois, AlterPresse n’a pas pu établir si Haïti a reçu une invitation officielle à prendre part à ce sommet, ni si des organisations de la société civile haïtienne ont été formellement associées au processus.

Les documents consultés ne permettent pas non plus de confirmer l’ensemble des modalités de participation au-delà de la liste officielle des intervenants et des délégations publiées.

Les actrices et acteurs haïtien.ne.s, engagé.e.s sur la question des réparations, avaient salué l’adoption de la résolution onusienne du 25 mars 2026.

Le Comité national haïtien de restitutions et de réparations (Cnhrr) et le Collectif contre rançon estiment que le texte ouvre un espace inédit pour la mise en place de mécanismes de justice réparatrice et de restitution.

Ces organisations rappellent que la résolution invite les États concernés à engager des concertations sur les modalités de réparation, de reconnaissance historique et de restitution.

Elles soulignent également le cas d’Haïti, marqué par les séquelles de la rançon imposée à l’indépendance de 1825, qu’elles considèrent comme un exemple emblématique des injustices historiques liées à l’esclavage et à la colonisation.

La résolution a été adoptée par 123 États membres de l’Organisation des Nations unies (Onu), tandis que plusieurs pays européens se sont abstenus et que les États-Unis, Israël et l’Argentine ont voté contre. [apr 19/06/2026 06:00]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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