Justice pour Jean Dominique
Échos dans les milieux
journalistique dominicains
Par
Gotson Pierre, République Dominicaine, juillet
2000
Des
journalistes dominicains s'inquiètent de
l'avenir de la liberté de la presse en Haïti.
L'assassinat le 3 avril 2000 du directeur de
Radio Haïti Inter Jean Dominique ainsi que du
gardien de la station Jean-Claude Louissaint ne
finit pas de susciter des réflexions chez les
confrères et consurs de l'Est.
Anxieuses, les femmes journalistes du
département Presse de l'Union des Radios
Catholiques (sigle en Espagnol UDECA)
interrogent: "Qu'en est-il de la liberté de
la presse en Haïti ? Il y a t-il une chance que
l'enquête sur l'assassinat de Jean Dominique
aboutisse ?"
Les explications sur les complexités de la
conjoncture socio-politique en Haïti, les
intérêts en jeux les laissent perplexes,
malgré les données claires et précises
concernant l'enquête conduite par la police et
la justice haïtiennes.
Sous la plume de José E. Méndez B.
l'hebdomadaire dominicain "Rumbo" du 24
juillet 2000 publie "Opération Fax
Rouge", reprenant le thème d'une campagne
lancée durant le mois de juillet par les
organisations haïtiennes de défense des droits
humains en vue de réclamer justice.
L'"Opération Fax Rouge" vise a
"exercer des pressions sur les autorités
judiciaires pour qu'elles dynamisent les
investigations autour des assassinats de diverses
personnalités", dont Jean Dominique.
L'"Opération Fax Rouge", explique
l'article, consiste en l'envoi de fax au
ministère de la justice avec copie conforme a la
Présidence et a la Primature pour exiger que
justice soit faite en faveur de multiples
personnes assassinées a cause de leur engagement
dans la lutte pour le changement. Entre autres
personnalités, les noms des prêtres Jean-Marie
Vincent et Jean Pierre Louis figurent dans
"la longue liste d'assassinats perpétrés
par des inconnus et qui doivent être éclaircis
selon les vux de la société
haïtienne".
"Rumbo" rappelle que la Plate-forme des
Organismes Haïtiens de Défense des Droits
Humains et la Coalition Nationale pour la
Défense des Droits des Haïtiens avaient déjà
lancé au début du mois la campagne
"Opération Téléphone Rouge". Il
s'agit de "la réalisation d'appels
téléphoniques insistants pour contraindre les
autorités a donner suite aux enquêtes et
établir les responsabilités".
Ces opérations font partie des activités qui se
situent dans le cadre du "mois de Jean
Dominique", avec la participation de divers
secteurs sociaux. L'organisation féministe
Solidarité des Femmes Haïtiennes (SOFA) a
organise le 7 juillet devant les locaux de Radio
Haïti un sit-in au cours duquel elles ont
recueilli des signatures de plus de 150 passants
au bas de la pétition lancée en juin dernier
par l'équipe de la station en vue d'exiger
justice. "Que l'enquête aboutisse enfin, et
que les coupables soient punis", clame cette
pétition.
"Rumbo" souligne que "Dominique
s'est toujours signale par sa lutte en faveur de
la reforme agraire et autres demandes du secteur
paysan. Durant les derniers jours de sa vie, il
avait sévèrement critiqué les secteurs
politiques qui empêchent l'avancement de la
démocratie dans son pays."
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